Archives des expositions

Une buche dans le bocal.


6 étudiants des Beaux Arts de Paris, 6 étudiants de La Villette,

19 jours, une salle d’exposition.

Telle est la donne de départ. A nous d’inventer le jeu, lui donner ses règles et le rythme de son déroulement. L’exposition que vous allez voir est le résultat de cette expérience, d’atelier-réalité, si on peut dire.

L’atelier, ici, désigne à la fois le groupe humain, l’ensemble d’artistes et d’architectes en formation, et le lieu dont nous disposons. Ce réceptacle est le lieu des synergies, l’espace de la rencontre et du faire-ensemble pendant ce temps de quelques semaines. C’est en quelque sorte la boîte de pétri, où on observerait l’évolution d’une expérience pendant un temps donné.

Dès le début, nous nous sommes sentis comme des rats de laboratoire dans un bocal, visibles de tous les usagers de l’école d’architecture. Comment s’organiser ? pour quoi faire ?

Alors, nous avons apporté de la matière. Matière à jouer, à manipuler, expérimenter. Du bois, du plâtre, de l’argile essentiellement. Ce contact avec cette matière nous conduisit à faire des gestes étranges. Quel sens leur donner ?

Qu’est ce que former un atelier en plein cœur de l’école de la Villette ? Un atelier dont la moitié des membres vient directement de l’école des Beaux Arts ! Une provocation ?

Dans cet atelier, le patron est absent, on ne trouve pas de maître ou de chef de chantier… Comment organiser la communication et le travail d’un groupe sans tête pensante et coordinatrice ? Internet,– les mails, les emploi du temps en ligne, boîtes de fichier,…– nous permettait de rester en contact jusqu’en dehors de notre bocal. Mais encore, fallait-il lire ces informations, se mettre d’accord… C’est seulement par notre présence et notre action dans la salle que nous avions le pouvoir de laisser une trace tangible dans l’atelier.

 

Ces traces, ces expériences, nous les avons mises en espace pour proposer un nouveau parcours dans la salle d’exposition.

Le local de plan carré est fortement orienté par deux longues cimaises qui coupent l’espace en trois travées. La première, plus basse que les deux autres, est la plus exposée aux regards extérieurs. Elle présente les traces de nos expériences en atelier, les outils, les matériaux, les essais et nos moyens d’organisation.

La cimaise qui sépare cet espace de la travée centrale a été ouverte, si bien qu’un corps peut s’immiscer à l’intérieur de la paroi. Les murs ont des oreilles dit-on, il semblerait que ces cimaises conservent une mémoire de l’expérience de l’atelier.

La seconde cimaise, à l’inverse, s’étend jusqu’aux murs périmétraux et au-delà. Elle ne ménage qu’un étroit passage (obligé) à travers une fente.

Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris-La Villette
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Dernière modification : 09/11/2015 11:14:25