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Soutenance de la thèse de doctorat en aménagement et urbanisme


de  Carolina Mudan MARELLI (Université Paris Nanterre // ED 395 MCSPP // LAVUE UMR 7218 CNRS // LAA - Laboratoire Architecture Anthropologie-ENSA Paris La Villette //  Contrat DIM-Astrea)


 
Intitulée :
 
TRADUIRE LA BIODIVERSITE URBAINE
Enquête autour d’une mesure
La question de la biodiversité urbaine a pris une place importante au sein des politiques publiques à toutes les échelles, y compris celle de la ville. Initialement conçue comme une adhésion générique à une éthique de la conservation de la biodiversité et aux grands objectifs internationaux de la part des villes, la biodiversité est désormais sujette à un processus de technicisation, de traduction en objectifs mesurables.
Cette thèse se situe à ce carrefour, entre la notion abstraite de biodiversité urbaine et sa traduction en éléments tangibles. À partir du simple constat que mesurer ne veut pas uniquement dire quantifier, nous nous sommes interrogés sur ce que peut être une mesure de la biodiversité urbaine. A travers cette problématique, nous avons questionné autant la mesure officielle, le City Biodiversity index, produit par une équipe d’experts singapouriens (ce que la mesure est) ; que l’existence d’autres façons de produire une mesure n’ayant pas la quantification comme convention préalable (ce que la mesure pourrait être). 
Cette approche a donné lieu à deux terrains distincts : l’un au sein de l’équipe singapourienne dirigeant le processus de création de l’indice, et le second, au sein d’une association d’apiculteurs urbains agissant en faveur de la biodiversité urbaine, à Fontenay-sous-Bois. Par une comparaison expérimentale des deux processus de mise en mesure, nous avons pu, d’une part, enquêter sur la façon de traduire une notion en mesure, et d’autre part, interroger les contenus mêmes de la notion.
Ainsi, nous avons cherché à démontrer que la mesure existante de la biodiversité urbaine se caractérise en tant qu’espace d’exercice du pouvoir de la part de la ville-État de Singapour, un espace de compétition par instruments, afin de devenir la référence internationale en matière de biodiversité urbaine. L’expérience quotidienne des apiculteurs urbains, quant à elle, nous a permis de montrer qu’il existe d’autres façons d’articuler concrètement la notion de biodiversité urbaine et de se donner une mesure pour agir et (s’) évaluer. Il s’agit dans ce cas d’une mesure qualitative faite d’indications, plutôt que d’indicateurs, des indications en évolution, mais qui concrétisent une notion floue comme celle de la biodiversité urbaine. Enfin, à travers la comparaison, nous avons pu observer et analyser l’émergence des espaces d’intelligibilité partagés entre les deux perspectives, et ainsi sont apparues des (nouvelles) configurations possibles de la notion de biodiversité urbaine.


La thèse sera soutenue publiquement le lundi 8 octobre 2018 à 14h30 au Département de Recherche de l’École Nationale Supérieure de Paris La Villette (118-130 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris), Salle 1er étage (voir les plans d'accès en pièce-jointe).
 
Le jury sera composé par :
 
Alessia de BIASE, Professeur (HDR), École Nationale Supérieure d’Architecture Paris La Villette (Directrice de la thèse)
Denis BOCQUET, Professeur (HDR), École Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg (Rapporteur)
Emmanuel DIDIER, Chargé de recherche CNRS, École des Hautes études en Sciences Sociales
Vanessa MANCERON, Chargée de recherche CNRS, Université Paris Nanterre
Marcus ZEPF, Professeur (HDR), professeur d'urbanisme à L'École d'Urbanisme de Paris, (Rapporteur)

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