Edito





Framing every aspect of our daily lives in an increasingly globalised and virtual world, landscape remains a core element in how we connect with society’s rapidly changing social and physical conditions. The aim of this conference is to discuss the contribution that education and training in landscape science can make to governance of a world in transition.

Following the Rio Climate Conference in 1992 – the “Earth Summit” –, the Kyoto Protocol, signed by 184 countries, came into force in 2005. This international treaty, a platform for both convergent and divergent global issues, initiated limitations on greenhouse gas emissions for each country to combat climate changes and their impacts. Ambitious policies were demanded of the respective signatories including long term decisions about environment enhancement and sustainable development. The 2011 Durban Conference on climate change clearly showed how difficult it is for countries to meet their commitments. However, the efforts required by the Kyoto protocol have generated considerable spin-offs in relation to landscape planning and transformative processes, in terms of governance and the participation of citizens.

The outcomes depend on scale and context, regardless of whether the landscapes are rural, urban or periurban. They include the reinforcement of green and blue belts, the production of renewable energy, the protection and management of biodiversity and natural resources, the multiplication of public transport systems, research into increased urban density, the deployment of eco-buildings and eco-districts, etc. If the approaches adopted vary from place to place it is because of different understandings of the environment arising from different “milieu” (relationships between society and its environment) and place depending on geography, cultural backgrounds, as well as differing stages of economical development. Regardless, many regions share common concerns, such as climate change, dwindling water resources, use of proven technologies and technical know-how, etc. This all calls for synergy between the disciplines involved in landscape planning and design.

This conference will address the following questions : How can these emerging trends be addressed in landscape education and research undertaken by universities, departments of architecture, landscape management, town planning, landscape ecology, horticulture, agronomy, and so on ?
What links should be developed with other scientific fields ? What knowledge and know-how needs to be reconsidered ? How can different perceptions of the environment be considered in the education system ? How can we “move beyond modernity” and use the resources of imagination to design the foundations of sustainable landscapes ?
The debate during this international conference is also intended to contribute to the establishment of a world landscape convention that is currently being studied as an initiative of IFLA.

This scientific conference invites researchers, teachers and educators who are aware of the challenges represented by landscapes. It aims to examine fundamental issues and how these should be transmitted to the generations being educated in this rapidly changing world. Understanding the landscape as “an area as perceived by people” (European Landscape Convention, 2000), signifies that the future of landscapes depends on what the collective consciousness creates as values and functions for our environment, as well as the crucial societal choices to be made in the coming years.

Imagination, and all of the creative resources, are called upon to develop new approaches that acknowledge the different levels of landscape and the values attaching to them. To solve today’s practical landscape challenges, it is crucial that the latest knowledge is delivered in inter- and transdisciplinary education and training. Thus, the conference will examine the conditions for educational innovation in landscape matters. It will stress individual and collective responsibility in the transformation, management and use of tomorrow’s landscapes, whether consciously designed or not.

Le paysage, cadre de notre vie pratique et quotidienne dans un monde de plus en plus globalisé et virtuel, est un élément fondamental d’engagement par rapport aux conditions sociales et physiques en transformation dans notre société. Cette conférence a pour objectif de discuter la contribution que l’éducation et la formation en matière de paysage peuvent apporter pour affronter un monde en transition d’une manière responsable.

Après la Convention de Rio sur le climat de 1992, le Sommet « Planète Terre », le Protocole de Kyôto de 1997, signé par 184 pays, est entré en vigueur en 2005. Traité international, plateforme d’enjeux mondiaux tout à la fois convergents et divergents, il a initié des seuils de limitation des émissions de gaz à effet de serre, selon les pays, pour lutter contre les changements climatiques et leurs impacts. Des politiques ambitieuses ont été demandées aux différents signataires qui, dans la continuité de cet accord, ont progressivement renforcé des décisions à long terme en matière d’environnement et de développement durables. Même si la Conférence de Durban sur les changements climatiques de 2011 a montré la difficulté pour les Etats à tenir leurs engagements, les efforts exigés par le protocole de Kyôto génèrent de nombreuses conséquences sur la transformation et la « fabrication » des territoires tant dans leur gouvernance que dans la participation des citoyens.

Ils sont fonction des échelles et des contextes, que les territoires soient ruraux, urbains ou périurbains avec le renforcement de la trame verte et bleue, le développement de la production d’énergies renouvelables, la protection et la gestion de la biodiversité et des ressources naturelles, la multiplication des transports en commun, la recherche de densifications et le déploiement d’éco-bâtiments, d’éco-quartiers, etc. Si les approches divergent selon les milieux et les diverses appréhensions de l’environnement, liées à des différences culturelles, géographiques ou des niveaux de développement, il n’en reste pas moins que des questions relevant de nombreux domaines sont communes (augmentation de la température, raréfaction des ressources en eau, usage de savoir-faire techniques et technologiques éprouvés…) et obligent à une synergie entre les disciplines du « design d’espaces ».

Comment enseigner ces évolutions dans les différentes formations impliquées dans l’enseignement du paysage et du projet de paysage : universités, écoles et départements d’architecture, de paysage, d’urbanisme, d’horticulture, d’agronomie ? Quels liens doivent être développés avec les autres domaines scientifiques ? Quels sont les savoirs et savoir-faire à renouveler ? Comment prendre en compte, dans la pédagogie, les différences de perception de l’environnement ? Comment pouvons-nous « dépasser la modernité » et utiliser les ressources de l’imagination pour construire les fondements de territoires soutenables ? Telles sont les interrogations de cette conférence internationale qui se situe dans la perspective de l’établissement d’une convention mondiale des paysages, actuellement à l’étude à l’initiative de l’IFLA.

En invitant chercheurs, enseignants, formateurs sensibilisés aux enjeux des paysages, cette conférence scientifique a pour ambition d’aborder des questions fondamentales et les conditions de leur transmission aux nouvelles générations dans un monde en transition. Comprendre le paysage comme « une partie de territoire telle que perçue par les populations » (Convention Européenne du Paysage, 2000), signifie que l’avenir des paysages dépend de ce que la conscience collective produit comme valeurs et fonctions des milieux, ainsi que des choix de société cruciaux pour les années à venir.

L’imagination et toutes les ressources de la création sont sollicitées pour élaborer de nouvelles orientations et investir les différentes strates et significations des paysages. Une formation actuelle, dynamique et novatrice, en prise avec de nouveaux savoirs, implique l’utilisation de méthodes adéquates dans des approches inter- et transdisciplinaires face aux problèmes pratiques de la protection, de la gestion et de l’aménagement des paysages. Elle nécessite et invite à aborder un large champ d’investigations et de réflexions, une fois compris les déplacements conceptuels induits par le cadre du développement durable. Cette conférence abordera ainsi les conditions du développement d’un chemin créatif et de la responsabilité individuelle et collective dans la transformation, la gestion et l’usage des territoires porte-paysages de demain.