UELM 2
« Sociologie et anthropologie des espaces habités et de leur
production »
OBJECTIF :
Donner une présentation raisonnée des
différents angles d’approche de l’analyse sociologiques et anthropologique des
espaces habités et des mécanismes de leur production, notamment par la
présentations de recherches sur des cas concrets, il s’agit de fournir aux
étudiants des clefs de lecture quant aux débats contemporains sur les relations
entre espace physique et espace social.
ENSEIGNANTS : Olivier CHADOIN, Agnès DEBOULET, François LAUTIER, Christelle ROBIN
CONTENU :
Thèmes et
modalités : Les questions des « espaces habités » d’une part et de leur
« production » d’autre part sont abordées à partir d’une entrée
problématique contemporaine ; 50% du volume horaire est consacré à chaque
direction abordée à partir des 3 axes détaillés ci-dessous :
-
Axe 1, « espaces habités » et
sociétés urbaines entre débats, enjeux et pratiques (Agnès Deboulet).
-
Axe 2, « production des espaces habités » : gouvernance et
montage de projet ; la place des architectes dans l’espace de la maîtrise
d’œuvre (F. Lautier, O. Chadoin).
-
Axe 3 « du multiculturel au pluriculturel ;
« espaces habités » et « cultures urbaines »
(Christelle Robin) .
-
Axe 1, « espaces habités » et
sociétés urbaines entre débats, enjeux et pratiques (Agnès Deboulet)
Développer un double regard,
à la fois sociologique et urbain sur les
débats et problèmes récents des agglomérations urbaines faisant écho à
des préoccupations sociales et politiques plus anciennes. Ce regard s’exerce
dans une optique critique et comparative, amenant l’étudiant à se situer dans
le dédale des constructions idéologiques
et des modalités d’action sur la ville,
et à repérer les éléments générateurs de crise.
Principales thématiques abordées :
-la ville comme lieu de conflits sociaux et
de violence : significations sociales, traductions spatiales (luttes
urbaines, gentryfication, privatisation des espaces…)
-classements sociaux, mixité,
ségrégations : débats récents et éclairages conceptuels (les « beaux
quartiers », les politiques de peuplement dans le logement social)
-Villes et citadins à l’épreuve de la mondialisation (migrations et villes ; effets sociaux des grands projets
d’aménagement ; rôle et dynamique des marchés fonciers et immobiliers dans
la configuration sociale)
- Interaction et sociabilités : lieux de
transition entre public et privé (lieux et modes de transaction
sociales dans le logement ; le seuil, l’entrée) ; l’espace public entre théories sociologiques
et transcriptions spatiales
- Le logement social : peuplement et politique de la ville
- Habiter
la ville « nue » (M. Agier) : édification, statuts,
reconnaissance des quartiers populaires auto-produits (banlieues
françaises/banlieues des villes « du sud ») et/ou irréguliers
- Le
péri-urbain des pavillonnaires, 1960-2000 : idéologies, pratiques de
l’espace, territorialités
M. Agier, L’invention de la ville,
banlieues, townships, invasions et favelas, EAC, 1999 ; M. Bassand, V.
Kaufmann, D. Joye (dir), Enjeux de la sociologie urbaine, ed. STS,
Lausanne, 2001 ; I. Berry-Chikhaoui, A Deboulet (ed.), Les compétences
des citadins dans le monde arabe-penser, faire et transformer la ville,
Karthala, 2001 ; H. Coing, Rénovation urbaine et changement
social, éd. Ouvrières, 1966 ; D. Pinson, S. Thomann, la
maison en ses territoires-de la villa à la ville diffuse,
L’Harmattan, 2001 ; Bacqué M.H et Fol S., Le devenir des
banlieues rouges, L’harmattan, 1997 ; Petonnet Colette, On est tous
dans le brouillard, ed. CTHS, 2003
- Axe 2, « production des espaces
habités » : gouvernance et montage de projet ; la
place des architectes dans l’espace de la maîtrise d’œuvre (F. Lautier, O.
Chadoin).
Saisir la question des mécanismes de la production
urbaine à partir d’une analyse des processus de sa production en tant qu’il
fonctionnent comme des configurations a sein desquelles les
professionnels (dont les architectes) sont en situation d’interdépendance. Il
s’agit de saisir les professions « en action » et d’envisager la
signification de leurs pratiques en les rapportant aux relations qu’elles
entretiennent les une avec les autres pour produire la ville.
Contenu : Principales thématiques abordées :
-
maîtrise d’ouvrage, assistance à la maîtrise d’ouvrage, et montage
de projet : l’émergence de nouveaux profils professionnels ;
-
l’architecte dans l’espace de la maîtrise d’œuvre. L’espace de la
maîtrise d’œuvre est saisi comme un champ au sein duquel les professions
ont à négocier et faire valoir leur position les unes par rapport aux autres.
Dubar Claude, Tripier Pierre, Sociologie des professions, Paris, Armand Colin, Coll. « U », 1998 ; Strauss Anselm, La trame de la négociation. Sociologie qualitative et interactionnisme, textes réunis par Isabelle Bazsanger, Paris, L’Harmattan, 1992 ; Cahiers RAMAU 2, « Interprofessionnalité et action collective dans les métiers de la conception », Paris, Ed. de la Villette, 2001 ; Courdurier Elisabeth, Tapie Guy, (Dir.), Les professions de la maîtrise d’œuvre, Paris, La Documentation Française, 2004 ; Chadoin Olivier, Evette Thérèse (Dir.), Activités d’architectes en Europe, Cahiers RAMAU 3, Ed. de la Villette, 2003 ; Chadoin Olivier, Godier Patrice, Tapie Guy, Du politique à l’œuvre, système et acteurs des grands projets urbains et architecturaux, La Tour d’Aigues, Ed. de L’aube, 2000 ; Lautier François (Dir.), Les maîtrises d’ouvrage en Europe : évolutions et tendances, Paris, PUCA, 1998.
Axe 3 « du
multiculturel au pluriculturel ; « espaces habités » et
« cultures urbaines » (Christelle Robin) .
Développer une
problématisation anthropologique des
enjeux sous-jacents aux crises récentes traversées par des
agglomérations urbaines, en France et à l’étranger, face aux phénomènes de multi-culturalité
contemporains. Il s’agit d’interroger leurs sources et leurs
genèses ; d’élargir les anciens
cadres théoriques et pratiques, comme ceux du « sens commun », ou
d’en repérer le renouvellement ; enfin d’élucider les configurations génératrices de conflits, comme les
dynamiques pluriculturelles créatrices de « mondes communs ».
Contenu : Principales thématiques abordées :
-
le rapport pratiques sociales /cultures spatiales :
interférences des systèmes de références ; concepts et méthodes d’approche,
nouveaux « objets de connaissance » (espaces et lieux cultuels,
mémoriels, transmissions culturelles : fêtes, musiques, parcours ;
ethnométhodologie, micro-interactions)
-
Sources et genèse des multiculturalités : (migrations
coloniales et post-coloniales, réfugiés politiques, échanges
internationaux : commerce, formation, tourismes ; clandestinité,
regroupement familial, solidarités transterritoriales) et des modèles urbains
et architecturaux contemporains (les territoires coloniaux comme laboratoires
urbanistiques)
-
Constructions croisées des significations sociales et culturelles
de configurations architecturales, urbaines,
territoriales (Cités : modernité architecturale ou confinement
social ? ; Ethni-Cités : « quartiers
chinois », « banlieues rouges », territoires « punks », … ;
Itinéraires migratoires :espaces d’origine, deuxièmes générations,
intégrations, assimilation, acculturations,…)
-
Pratiques différentielles de l’habiter : localisation,
implantation, jeux d’échelle… , dans la répartition des dimensions
particulières ou privées, et communautaires ou publiques (soins du
corps : hammams, bains publics, salles de sports ; réappropriations
d’équipements urbains, marquages d’espaces publics/ bandes et jeux de rue)
-
Construction des identités : processus idéologiques,
conjoncturels, passifs ou actifs ; politiques identitaires,
communautaires ;
Champs : Paul Rabinow, Une France si
moderne. Naissance du social, 1800-1950, Paris, Buchet Chastel, 2006 ;
J. Muntanola-Thorberg, D. Provansal (eds.), Anthropologie
et Espace, Champs, méthodes et pratiques, Arquitectonics. Mind, Land
& Society, Réseau européen Anthropologie de l’Espace, Ed. UPC, Barcelone, 2004 ; Serge
Latouche, L’occidentalisation du monde, Paris, Agalma/ La Découverte,
1989 ;
Terrains et méthodes : Christelle Robin
(sous dir.) Architectures et cultures, Les Cahiers de la recherche
architecturale, 27/28,Marseille, ed. Parenthèses, 1992 ; Réseau
Architecture/Anthropologie, LA/A ; « Séminaire Architecture et Sociétés :
raison spatiale, logique sociale « , La lettre de l’IPRAUS, 15, P.
30-34 et p. 35,
Modalités d’évaluation : Le cours est évalué
en fin de semestre par le moyen d’un contrôle final sur table d’une durée de 2
heures.