UNITÉ  DE  PROJET MASTER II / UEM7 - 102 h

 

2006-2007

 

 

 

É   C   R   I   T   U   R E

 

P     R     O     J     E    T

 

E                                 T

 

S C É N O G R A P H I E

 

U    R    B    A    I    N    E

 

 

 

Enseignants responsables :

 

Eric JANTZEN architecte  urbaniste

Pascal TERRACOL architecte

 

Interventions ponctuelles (conférences, formations et mises à niveau):

 

François GUENA, Francis COUSSON, Luc SALVAIRE

 

 


 

OBJECTIF :

 

Un enseignement sur l’art urbain, c’est à dire la capacité à forger le regard sur la ville contemporaine afin d’y discerner les potentiels ou les déshérences, et, à partir de ces constats, de restructurer une formulation esthétique et morphologique à l’aide des outils scénographiques et des principes de composition : un projet urbain.

 

Nous retiendrons deux priorités dans l'élaboration du projet urbain : l'écriture et l'image.

 

En premier, l'écriture, considérée comme le synopsis du projet selon les termes de Jean Paul Jungmann : « la parole du projet, son texte fondateur, une théorie et une volonté d'architecture et de ville par une pensée concrète, les mots qui provoqueront la figure, les concepts à l'origine de la forme, le texte d'une pensée qui donnera du sens à l'architecture et à la ville, l'écriture de programmes susceptibles de contribuer à l'art de la scénographie urbaine. »

 

En second, l'analyse et la conception de systèmes de figuration c'est-à-dire de tout ce qui participe à la capacité de voir, de visionner mentalement, de se représenter des aménagements et des édifices futurs, puis de se faire comprendre par des tiers et de donner à voir ces mêmes édifices à d'autres, une mise en situation d'un projet dans son contexte, dans ce qui est déjà édifié, son site, son environnement, un ensemble existant qui possède lui aussi ses propres effets de volumétrie, de couleurs, de lumière, ses propres effets de ville.

 

 

 

 

 

EMPLOI DU TEMPS

 

Unité de projet de 102 heures/année, mercredi de 9h30 à 16h30 (6h /semaine en moyenne) en salle 305/307. Les enseignements théoriques, les conférences et informations se feront en début de séance, à 9h30 heures et seront précisés en cours  d'année.

 

Les formations complémentaires et mises à niveau se feront en d'autres lieux et à d'autres heures selon un calendrier proposé par les différents enseignements ponctuels proposés.

 

 

 

 


ORGANISATION  GÉNÉRALE DE  L'ENSEIGNEMENT

 

ENSEIGNEMENTS THÉORIQUES

 

- Histoire des projets théoriques et des stratégies de communication de ces projets encore appelés idéaux, utopiques ou expérimentaux

 

- Histoire des détours littéraires pour décrire la ville, les écrivains de l'espace: Stendhal, Victor Hugo, Walter Benjamin, Italo Calvino, Georges Perec, Jacques Réda, etc.

 

- Histoire de la représentation urbaine, les recettes picturales et littéraires qui jalonnent l'imaginaire sur les villes: le tableau d'architecture, la vue panoramique (perspective cylindrique), la perspective déformée à points de fuite multiples, l'axonométrie dilatée à échelles différentielles (hauteur et largeur), la perspective aérienne ou atmosphérique pour les lointains, le photo-montage, la vue oblique à vol d'oiseau, la silhouette ou le skyline, le panorama, les points de vue particuliers et les effets touristiques, la ville la nuit...

 

- Eléments de méthodologie sur les technologies traditionnelles et numériques et sur les vecteurs de communication d'un projet urbain.

 

 

PROGRAMME ANNUEL

 

Le positionnement de ce groupe de projet en deuxième année de master convoque une acuité de regard et une maturité d’analyse qui se formaliseront par la capacité de proposition de l’étudiant, qualités qui s’articulent naturellement avec le Projet de Fin d’Etudes (PFE).

Elaboration d'un projet personnel (un projet par étudiant sur le semestre), prétexte à ce que nous nommons une narration figurative du projet (texte et image), un type de narration propre à l'art urbain.

Par défaut, les projets se situeront dans les proximités des boulevards extérieurs, dits des Maréchaux (l'enceinte fortifiée de 1845) et le boulevard périphérique de Paris (la limite extérieure de la ville depuis 1930).

 

Chaque étudiant proposera le site parisien de son choix, qu'il défendra et argumentera.

 

NATURE DES TRAVAUX DEMANDES 

Ces projets personnels utiliseront :

 

-     Elaboration d’une thématique d’aménagement urbain : une analyse de la ville dans sa grande échelle territoriale préfigurant le choix du site d’intervention par ses qualités géographiques, paysagères, esthétiques, morphologiques,  scénographiques, sociales ou conjoncturelles.

 

-          Les outils d'auscultation, d'analyse, de lecture, l'état des lieux: comment aborder un lieu pour arriver à une décision d'intervention, désigner des morceaux de ville, choix d'un lieu parisien, d'un site qui possède à la fois un charme urbain évident et en même temps des défauts majeurs induisant la nécessité d'un projet. outils initiaux - le regard et la lecture d'un site, d'un contexte, l’articulation chora / topos - permettront de consigner et de conclure l'écrit et l'image une dérive urbaine, une déambulation attentive pour révéler le génie d'un lieu (atouts positifs et carences), de le comprendre, puis d'en rendre compte et de le donner à voir (notes, enregistrements, textes, croquis, photos, plans, utilisation de bases de données, etc.).

 

-          Les outils de la programmation et de la conceptualisation : expliciter un désir d'architecture et la volonté d'un événement urbain, en élaborant un contenu et en concevant le texte/programme - l'écriture en amont du projet - les concepts formulés d'une intervention pour un projet à propos de ce lieu et pourquoi pas un projet théorique.

 

-          Esquisses Détail : travail sur un détail architectonique, « entrée » cadre et vantaux, 3 propositions différentes sur place, choix et argumentation devant le groupe en fin de séance.

 

-          Esquisse projet : trois propositions morphologiques, sur place, choix et argumentation devant le groupe en fin de séance.

 

-          Projet : plans façades ( sur format A2 au 1/100e ou 1/200e ).

 

-          Le visuel Majeur : l’image significative du projet, la représentation canonique

 

-          L’image contextuelle : la représentation du projet inscrit dans son site, l’expression des effets de ville.

 

-          L’article de presse : la mise en forme des éléments sémantiques du projet, les outils dédiés à la communication du projet.

 

-          L’affiche de l’exposition : communication d’une exposition de projets d’architecture.

 

-           Choix et descriptif technique du dispositif d’exposition : plans cotés de l’installation.

 

-           Scénographie générale de l’exposition (format A3).

 

-          Montage et démontage de l’exposition

 

 

Un jugement autonome pour chaque étape et une note finale cumulant la somme des 12 notes ou rendus (la participation au montage et démontage de l’exposition comptant double). Le jugement des différentes étapes sera fonction de la cohérence entre les intentions Successives et les qualités intrinsèques du projet au travers de sa communication.

 

 

 

 


CONTEXTE PEDAGOGIQUE

 

Ce cours constitue l'évolution d'un enseignement qui trouve son ancrage dans la force de l'image et dans sa capacité à dire l'architecture. Il puise en particulier une partie de son inspiration dans la rêverie guidée par l'écriture[1] et la posture poétique des projets théoriques, ceux de Claude Nicolas Ledoux, ceux d'Aerolande2, .

Le groupe Utopie dont Jean Paul Jungmann est un des membres fondateurs s'inscrit lui-même dans le courant de l'architecture radicale, spontanée et planétaire qui s'appuya largement sur une posture critique de la société des années 1970.

L'apparition, puis la monté en maturité des technologies numériques, et son impact sur l'image a constitué une articulation naturelle qui ont conduits en 1999 - 2000, Jean Paul Jungmann et Pascal Terracol a repositioner, le  contenu de ce cours sous  son titre actuel.  En  2001- 2002, Eric Jantzen a accepté d'assurer la continuité de cet enseignement.

 

Eléments Bibliographiques :

 

-     Les innombrables découvreurs d’ombres de ville, ces voyageurs lents et attentifs à l’urbanité et à ses effets, les écrivains de l’espace : Victor Hugo, Notre Dame de Paris (1832), Le Rhin (1838), éd. Bueb & Reumeux 1980, et plus près de nous Georges Perec, Jacques Lacarrière, Walter Benjamin, Paris capitale du XIXe siècle (1939) éd. Du Cerf 1993, Moscou (1927) éd. Mille et une nuits 1999, Paysages Urbains, éd. 1978

-     Italo Calvino, les villes invisibles (1972), éd. Seuil 1974,

-          Jacques Réda, Les ruines de Paris (1977), coll. Poésie Gallimard (1993), Hors les murs, Gallimard (1982), Chateaux des courants d’air, Gallimard (1986), La liberté des rues, Gallimard (1997), Le citadin Gallimard (1998), Le méridien de Paris Fata Mogana (1998).

 

AUBERT (Jean). Cours de dessin d’architecture à partir de la géométrie descriptive. Paris : Editions de la Villette, 1980, 166p.

AUBERT (Jean). Axonométrie. Paris : Editions de la Villette, 1996, 166p.

GHEORGIU (Adrian), DRAGOMIR (Virgil). La représentation des structures constructives. Paris : Editions Eyrolles, 1968, 308p.

JANTZEN (Eric). Traité pratique de perspective de photographie et de dessin appliqués à l’architecture et au paysage. Paris : Editions de la Villette, 1983, 192p.

JANTZEN (Eric), Perspective directe, cours polycopié, Paris : Ecole d’architecture de Paris la Villette s.d., 43p.

JUNGMANN (Jean-Paul). L’ivre de Pierres, Récit autour d’une ruine future sur la colline de Chaillot ou le bel aujourd’hui. Paris : Editions AEROLANDE, 1977, 16 et 21 planches.

JUNGMANN (Jean-Paul). Ombres et Lumières, Un manuel de tracé et de rendu qui considère l'architecture comme une machine optique. Paris : Editions de la Villette, 1995, 152p.

JUNGMANN (Jean-Paul). L'image en architecture, De la représentation et de son empreinte utopique. Paris : Editions de la Villette, 1996, 192p.

TERRACOL (Pascal). Les volumes platoniciens. Intranet à l’intention des étudiants de l’Ensci. Paris : Ensci, 2001, 16p.

 



[1] Selon Karine Hermann, inscrite dans ce groupe de projet en 2000 et NAJA 2004, le projet doit correspondre « à un récit fondé sur la rencontre avec un lieu qu’il soit urbain ou rural »

2 C'est sous ce label, que Jean Paul Jungmann publiera ses projets théoriques : L'ivre de Pierre vol. 1 à 4.