Architectures, Milieux, Paysages
(ex Jardins, Paysages, Territoires)

 


ÉQUIPE DE RECHERCHE, CRÉATION : 1994 - HABILITATION, 2009.
RESPONSABLE SCIENTIFIQUE
Jean-Pierre LE DANTEC

SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
Arnauld LAFFAGE

COORDINATEUR
Mongi HAMMAMI

Adresse postale :
École d'architecture de Paris-la Villette
144, avenue de Flandre, 75019 Paris
ou 118-130, avenue Jean-Jaurès
75019 Paris
Téléphone : 33 (0)1 53 72 84 58
Télécopieur : 33 (0)1 53 72 84 78
jpt@paris-lavillette.archi.fr

 

 


MEMBRES DE L’ÉQUIPE
CHERCHEURS ET ENSEIGNANTS-CHERCHEURS

Pascal AUBRY
Architecte-paysagiste DPLG, DEA « Jardins, Paysages, Territoires »
Paysagiste-conseil de l’État,
Maître-assistant à l’École d’Architecture de Paris -La-Villette.

Andréas CHRISTO-FOROUX
Architecte DPLG, DEA « Jardins, Paysages, Territoires »
Chargé de cours à l’École d’Architecture de Paris-La-Villette.

Rosa DE MARCO
Architecte DPLG, Docteur en géographie option architecture et paysage,
Chargée de cours à l’École d’Architecture de Paris-La-Villette.

Philippe DUBOY
Architecte, Historien, Docteur en histoire de l’art et professeur à l’École d’Architecture de Paris-La-Villette.

Mongi HAMMAMI
Architecte-paysagiste DPLG, DEA « Jardins, Paysages, Territoires »,
Chargé de cours à l’EAPLV et chargé de recherche au sein de
L’Équipe « Jardins, Paysages, Territoires ».

Nikola JANKOVIC
Architecte DPLG, DEA « Jardins, Paysages, Territoires »,
Chargé de cours à l’École d’Architecture de Paris-La-Villette.

Olivier JEUDY
Docteur de l'Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne en Arts et Sciences de l'Art, option Cinéma, Télévision et Audiovisuel. Chargé d'enseignement en pratique et esthétique des arts audiovisuels à l’EAPLV, à l'UFR d'Arts plastiques et Sciences de l'art de l'Université de Paris I (Saint-Charles), à l'UFR de Communication de l'Université de Paris VIII.

Arnauld LAFFAGE
Diplômé de l’Ensad, Plasticien-paysagiste,
Maître-assistant à l’École d’Architecture de Paris-La-Villette.

Brigitte NAVINER
Architecte DPLG, Docteur de l’EHESS en anthropologie sociale et historique option Architecture et paysage, Chargée de cours à l’École d’Architecture de Paris-La-Villette.

Yann NUSSAUME
Architecte DPLG, Docteur en histoire urbaine option architecture et paysage, Post-doctorats (Université de Kyoto, Université de Waseda, Université Collège de Londres / UCL), Maître-assistant associé à l’EAPLV et chargé de cours à l’EHESS.

Philippe NYS
Docteur en philosophie, Maître de conférences, Directeur de programme au Collège international de philosophie (CIPH) à Paris,
Enseignant à Paris VIII et à Paris I (Sorbonne) en arts plastiques.

Anne PHILIPPE
Architecte DPLG, DEA « Jardins, Paysages, Territoires » et chargée de cours à l’École d’Architecture de Paris-La-Villette.

Catherine FRANCESCHI
Géographe, Chargée de cours à l’École d’Architecture de Paris-la-Villette

Michel VERNES
Professeur à l’École d’Architecture de Paris-La-Villette

Patrick DUGUET
Architecte, géographe-urbaniste
Maître-assistant à l’École d’Architecture de Paris-La-Villette

Eric DANIEL-LACOMBE
Architecte DPLG, DEA « Jardins, Paysages, Paysages »,
Maître-assistant à l’École d’Architecture de Paris-La-Villette


CHERCHEURS ET ENSEIGNANTS-CHERCHEURS ASSOCIÉS

Augustin BERQUE
Docteur es lettres (géographie), Directeur d’étude à l’EHESS, Directeur du centre de recherches sur le Japon contemporain, Professeur invité à l’Université du Myagi, Sendai, (Japon).

Cynthia GHORRA-GOBIN
Directrice de recherche au Centre National
de la Recherche Scientifique.

Pierre DONADIEU
Ingénieur agronome, Docteur en géographe, HDR, Professeur à l’ENSP de Versailles, Directeur du laboratoire de recherche de l’ENSP.

Yves LUGINBÜHL
Ingénieur agronome, Docteur en géographie, HDR, Directeur de recherche au CNRS, Directeur du Laboratoire Ladyss, UMR CNRS 7533, universités de Paris I-Panthéon-Sorbonne et Paris X-Nanterre, Directeur du DEA « JPT ».

Philippe POULLAOUEC-GONIDEC
Paysagiste, Professeur à l’Université de Montréal,
Titulaire de la Chaire de paysage.

Alessandro CASAMENTO
Docteur de l’Université de Paris I - Histoire de l’art
Docteur en projectation architectonique de l’Université de Palerme.

Adriana ARANEDA
Enseignante honoraire et conseillère de l’Université nationale de la Plata en Argentine dans le cadre du projet Alpha-Réseau Phuén.


PARTENARIATS À L’ÉTRANGER

CANADA
École d’Architecture de l’Université de Montréal, Philippe POULLAOUEC-GONIDEC, Paysagiste.
CHILI
Université Centrale de Santiago, Adriana ARANEDA, Architecte DPLG, Urbaniste.
ÉTAS-UNIS
Université de Californie, Los Angeles (UCLA), Cynthia GHORRA GOBIN, Docteur es lettres (Géographie).
ITALIE
Consiglio nazionale delle ricerche (CNR) di Napoli ; Università degli Studi di Reggio Calabria, Casalduni (province de Benevento, Campanie).
JAPON
Université de Waseda / Université de Tôkyô technologie / Université d’Ôsaka/
Université de Kyôto technologie / Université de Tôkyô.
TUNISIE
ESHE de Chott-Mariem – Sousse, Tunisie / Mastère « Paysage, Territoire et Patrimoine », et l’École nationale d’architecture de Sidi Bou-Saïd à Tunis.

PRINCIPAUX PARTENAIRES PUBLICS

FRANCE
Les divers programmes de recherche de l’Équipe permettant de développer une expertise singulière. Là, nous avons l’objectif de construire des actions avec des partenaires (gestionnaires publics, ministères), acteurs des milieux et des territoires (municipalités et organismes régionaux).
- Ministère de l’Écologie et du Développement Durable :
Appel d’offre « Politiques publiques du paysage ; analyse et évaluation des formations continues en matière de paysage du l’ancien Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, du Ministère de l’Équipement, des Transports et du Logement, et du Ministère de la Culture et de la communication ».

ITALIE
- Une convention a d’ores et déjà été signée avec la Mairie de Casalduni (province de Benevento, Campanie – Italie) avec l’objectif de créer un Centre du Paysage.
- Création d’un mastère universitaire « Projets de parcs naturels » avec l’Università degli studi Mediterranea di Reggio Clabria.


PROBLÉMATIQUES


MOTS CLÉS :

Milieu, Paysage, architecture, territoire, infrastructures, tourisme, ville, campagne, désert, nature, culture, jardin, démarches sensibles et artistiques, processus de création, comparaisons internationales Europe-Asie-Amérique-Méditerranée.

Parallèlement aux processus constitutifs de nouveaux territoires urbains, le rapport sensible de l’individu à l’espace et à la nature évolue, il crée de nouveaux lieux et transforme les liens sociaux.

L’appréciation de ces formes s’effectue à travers des modèles culturels de paysage. La prise en compte des données paysagères dans le projet d’architecture ouvre une problématique de dépassement de l’objet architectural proprement dit.

L’appropriation symbolique du paysage rend la préoccupation paysagère essentielle pour renouveler de manière inventive le rapport à l’espace contemporain et créer de nouveaux liens sociaux sur le territoire. Ces processus de paysagement conduisent à la recherche de leurs origines, modalités, variabilités et perspectives dans diverses parties du monde.

Les recherches comparatives menées jusqu’à présent, entre sociétés de cultures différentes, mettent en évidence comment, dans chaque pays, l’aménagement du territoire est pensé par les pouvoirs publics ; comment sont produites les formes et les armatures urbaines, et selon quelles images de la ville et de la nature ; comment enfin les habitants établissent des relations esthétiques et symboliques à leur milieu de vie.
Notre structure s’est ainsi enrichie de personnalités, en cohérence avec notre spécialité et notre problématique générale, issues de divers domaines de compétences. Elle comprend des philosophes (Philippe Nys), des architectes-philosophes (Nikola Jankovic), des géographes et architectes-géographes (Augustin Berque, Patrick Duguet, Catherine Franceschi, Rosa De Marco), des historiens (Jean-Pierre Le Dantec, Philippe Duboy, Michel Vernes), des architectes-paysagistes (Pascal Aubry, Mongi Hammami), des plasticiens et architectes-plasticiens (Olivier Jeudy, Arnauld Laffage, Anne Philippe) et naturellement aussi des architecte/urbanistes (Andréas Christo-Foroux, Eric Daniel-Lacombe, Brigitte Naviner, Yann Nussaume). Tous à des degrés divers sont enseignants, majoritairement, à La-Villette et parfois certains d’entre eux ont aussi une pratique professionnelle. Il est important pour une grande partie de l’équipe de travailler dans le même établissement parce que cela simplifie les communications dans notre structure, mais aussi parce que d’un commun accord nous souhaitons renforcer les liens entre notre équipe, nos axes de recherche et l’enseignement dispensé à l’École d’Architecture de Paris-La-Villette. Ce travail, par l’intermédiaire de Pascal Aubry, Arnauld Laffage, Jean-Pierre Le Dantec, Brigitte Naviner, a déjà largement débuté principalement dans les séminaires de troisième cycle avec la mise en place de transversaux comme le DEA. De même, cette année, l’intégration de Yann Nussaume, Rosa De Marco dans l’enseignement du projet de première année, de Catherine Franceschi, Anne Philippe, Mongi Hammami en 4ème année, laisse présager la mise en place d’une logique de l’enseignement de nos problématiques et de nos résultats entre les trois cycles. Différentes raisons justifient ce choix : tout d’abord, le besoin naturel de transférer les connaissances acquises ; ensuite, plus concrètement, le passage prochain au Li.Ma.Do. Et enfin, la mutation vers des écoles nationales supérieures d’architecture qui devraient conduire les structures de recherche à accroître leur contribution à l’organisation de la pédagogie.


THÈMES DE RECHERCHE ET RÉSULTATS ATTENDUS

1. PHILOSOPHIE ET « LIEUX » DU PAYSAGE
Philippe NYS, Nikola JANKOVIC

On considérera ici que le paysage est pris dans une tension - tout à la fois technique, politique, esthétique et historique - entre dispositif (Gestell dont l’horizon est un design total) et disposition affective (Stimmung dont l’horizon est une expérience formatrice), que celle-ci soit « vécue » par et dans l’expérience d’une tonalité mélancolique profonde devant la disparition inévitable de toute chose, dans la vision d’un thaumazein philosophique émerveillé et curieux devant le spectacle du monde, dans une vision extatique de type mystique ou mystagogique ou encore dans une exaltation, elle aussi émerveillée, devant la puissance de recréation et de métamorphose générée par la technique et ses machineries. Paraphrasant la thèse de Heidegger - « l’essence de la technique n’est absolument rien de technique » -, et la confrontant à la thèse de Benjamin, on interprétera la question du paysage en disant que « l’essence du paysage n’est rien de ’paysager’ ». C’est dans cette perspective qu’il s’agit de penser les relations (étroites et duelles) entre jardin et paysage, jardin et bâti ou ville et paysage, leurs assemblages historiques ainsi que les noeuds, horizons, points et champs d’intensités complexes tissés entre ces polarités produits par l’art architectural.


Thème 1
Pittoresque marchand ou sublime technologique ?
Philippe NYS
Les recherches qui seront menées dans le cadre de La Villette s’inscriront dans la continuité du fil directeur des recherches menées au Collège international de philosophie (CIPH) depuis 1990, à l’EHESS (1997-1999) et au Japon (Kyôto, Graduate School of Environmental and Human Studies, 2000 – Meiji University Tôkyô 2001/2002). Ces recherches consistent en la construction d’une herméneutique et d’une méta-poïétique des lieux de l’habiter dont « Paysage » peut être considéré comme le mot fédérateur, comme l’était « cosmos » dans la pensée grecque archaïque, classique et hellénistique. S’appuyant sur les arts in situ ou arts des lieux en général qu’il faut comprendre, au minimum, in et ex situ (la strate anthropologique), in actu (l’expérience, le projet), in visu (les re-présentations), différents travaux ont été conduits collectivement (1995, 1996, 1997, 1998), éditorialement (Ritter : 1997) et individuellement (Nys : 1999).

D’un point de vue philosophique, il nous semble de plus en plus nécessaire de relier généalogiquement et archéologiquement (Foucault) les domaines de l’homme ici concernés (Castoriadis) à la production contextuelle des savoirs (Latour), plus encore à celle de l’opérativité engendrée par les performances techniques (Peter Rice), des métiers et savoir-faire impliqués dans la production contemporaine des lieux par le dessein (Dürer, Brusatin), le design (Eames, Burgin), les media (McLuhan), et les nouveaux matériaux, produisant aujourd’hui tout à la fois un monde de choses et de non choses (Heidegger, Flusser).

Pour élaborer et éprouver ces perspectives théoriques de manière spécifique, nous nous appuierons sur notre réponse à l’appel d’offres du BRAU « art, architecture, paysage ». Avec une équipe internationale et interdisciplinaire, celle-ci consistera, notamment, à travailler à l’analyse et à l’élaboration d’un pittoresque proprement contemporain, à l’œuvre à l’échelle de la planète à partir de trois terrains d’étude, Ile de France, Chicago et son arrière pays, Tokyo. La beauté moderne est-elle encore possible ou serait-elle désormais vouée au pittoresque marchand de bas étage ou au sublime technologique ? Se trouvant dans une position plastique spécifique, différente du beau et du sublime, le pittoresque est d’emblée et de manière structurelle, capable de répondre aux préoccupations esthétiques des masses car il permet d’associer volonté créatrice, culture de masses et sentiment d’appartenance identitaire. A la charnière des XVIIIème et XIXème siècles, deux inventions techniques - les machines aériennes et les technologies de l’image (photographie, vidéo, numérique) - créent une situation nouvelle, devenue le pain quotidien des masses humaines. La performance de la photographie aérienne, empreinte cristallisée d’un morceau d’histoire spatiale, devient l’un des éléments fondateurs de notre contemporanéité en conjuguant, en une seule prise, deux pulsions anthropologiques fondatrices de l’être-au-monde, le temps et l’espace. Avec la verticale qu’elle offre, l’assujettissement des surfaces terrestres et des vies qui s’y déroulent révèlent sans pardon la puissance de modelage de la terre par la technique, destructrice de formes autant que formatrice de couches. Outil visuel de l’aménagement du territoire au XVIIIème siècle, le pittoresque lie et implique une modification plastique des paysages, de leur perception et de leurs usages, et ce, à partir d’un système de signes et de codes organisant les rapports entre détails et grandes échelles, ici et ailleurs, « moi » individualisé et dehors « paysager ». C’est là que le massage (invisible) d’un medium devient efficace (McLuhan) dans la mesure où le medium (l’objet pittoresque) pénètre profondément et de manière subreptice les consciences, organe et production d’une bulle spatiale, témoignant pour la globalisation. Tel est l’horizon des recherches qui seront menées et finalisées par différentes activités et productions : publication des séminaires de la recherche dans un ouvrage à paraître chez Champ Vallon, rédaction de mots clés pour un dictionnaire du paysage (éditions Puf), dictionnaire coordonné par Odile Marcel et Philippe Nys, traduction du « Shin Sakuteiki » livre de Shigemori Mirei.

Thème 2
Paysage à l’ère des reproductibilités technologiques
Nikola JANKOVIC
Cette étude – qui reprend un intitulé célèbre de Walter Benjamin – se présente comme le premier volet d’un projet plus large consacré aux paysages microbiosphériques et aux paysages extraterrestres. Par-là, ce travail se propose de mettre en évidence l’existence d’« enclos d’éclosion » dans les paysages desquels l’humanité a pu instituer, dans le rapport problématique de son appartenance à la nature, sa relation écouménale à l’étendue terrestre. S’appuyant sur une méthode kantienne, il s’agit de passer en revue cette « onto-topologie » sous le jour d’un régime de permanence et d’évolution de quatre « schèmes » historiques : la « Clairière paradisiaque » (1), l’« Île utopique » (2), la « Serre métropolitaine » (3) et le « Parc humain » (4). Ce thème s’arrête plus particulièrement sur la mise en scène de la nature durant le Romantisme allemand (Erdlebenbildkunst) ainsi que sur les dispositifs spectaculaires dio-, pano- et géo-ramiques. Par la vastitude de son panorama historique et géographique, il organise sous un jour nouveau une certaine compréhension de la modernité occidentale. Commençant par les premières représentations végétalisées du Paradis, elle se termine sur l’exposé « onto-graphique » des positions heideggeriennes inattendues à l’égard de la zoologie de Jakob von Uexküll, de la physique quantique de Werner Heisenberg et de la cybernétique de Norbert Wiener – mais aussi des écrits récents de Giorgio Agamben (2002), Jürgen Habermas (2002), Philippe Lacoue-Labarthe (2002), Jean-Luc Nancy (2002) et Peter Sloterdijk (2002).

2. ÉPISTÉMOLOGIE
Rosa DE MARCO, Catherine FRANCESCHI, Mongi HAMMAMI.

C’est dans une acception large d’études des connaissances que des recherches de nature épistémologique seront conduites ici. Elles ne constituent donc pas a priori l’architecture, le milieu, le paysage comme science, susceptible de faire l’objet d’une épistémologie au sens strict du terme. Par contre, elles explorent des modalités de connaissances possibles de ces domaines. Dans un premier temps, l’accent est mis sur la question du paysage et des lieux selon trois orientations.
En posant les lieux et le paysage comme objets spatiaux multidimensionnels, il s’agira d’approfondir les possibilités d’une connaissance sensible de ces objets et d’un prolongement de cette dernière vers une connaissance projective (Rosa De Marco).
En supposant le paysage comme somme d’une construction plurielle, il s’agira d’explorer la question du paysage du point de vue de la société arabo-musulmane dans le Maghreb et le Moyen-Orient et en comparaison avec les points de vue occidentaux et extrême-orientaux existants (Mongi Hammami).
En suspendant toute définition a priori de l’architecture, du milieu, du paysage, il s’agira de déployer dans ses dimensions textuelles et contextuelles, un mode spécifique de connaissance à partir des mots et de leurs usages, en langue française et comparativement avec d’autres langues européennes (Catherine Franceschi).

Si l’architecture, le milieu, le paysage ne sont pas enclos dans le champ exclusif de la science, les méthodes mises en œuvre pour développer leur connaissance n’en répondent pas moins à la rigueur et à l’exigence de toute recherche scientifique. Ainsi d’un approfondissement des notions elles-mêmes dans diverses langues européennes, à une investigation des modes de connaissances sensibles et projectives d’objets spatiaux et à l’exploration du paysage d’autres univers culturels, la diversité de l’approche épistémologique envisagée ici contribuera à une production non dogmatique de connaissances.

Thème 1
De la connaissance sensible à la connaissance projective
des lieux et du paysage

Rosa DE MARCO

En partant d’une réflexion sur la rhétorique actuelle de l’espace, cette recherche aborde la question de la connaissance des lieux et du paysage à partir de leurs composantes concrète et sensible. La question d’une sémantique propre à l’espace se pose et trouve dans la multiplicité des dimensions constitutives de la spatialité les arguments de son dénouement (R. De Marco, 1994, 2000). À ce sujet il a été nécessaire de remettre en discussion, suivant la méthode du raisonnement dialectique, certains points concernant la définition du lieu. L’approfondissement des différentes approches disciplinaires et le croisement de la notion de lieu avec les notions d’espace et de paysage ont été fructueux pour parvenir à une définition asymptotique du lieu qui prend en compte sa spatialité propre et qui est liée plus à son devenir et à sa nature sensible qu’au concept qui lui est associé dans la sphère purement théorique.

Cette approche présuppose que la question épistémologique relative à des objets spatiaux – comme les lieux et le paysage – ne peut pas faire abstraction de la concrétude, de l’expérience et de l’agir humain qui interviennent dans leur institution tant physique que mentale. Cette recherche se base ainsi sur l’hypothèse que le sensible constitue une source de connaissance qui ne s’oppose pas à l’intelligible, mais qui s’affiche plutôt comme une manière complémentaire sinon alternative d’appréhender la réalité spatiale. D’autre part, le croisement de cette hypothèse de connaissance sensible avec celle de connaissance valable formulée par les épistémologies constructivistes permet de prolonger le champ d’investigation de cette recherche dans une dimension projective, strictement liée tant à l’« exercice intentionnel de la raison » qu’à l’agir humain.

Du point de vue spécifiquement spatial ces hypothèses impliquent que la connaissance sensible du lieu et du paysage se prolonge dans l’intention d’agir ainsi que dans l’action sur le réel, à travers lesquelles la connaissance même trouve sa « validité » ou pour mieux dire sa « faisabilité » (2003). Ainsi la lecture, la détection de la spatialité propre au lieu et au paysage et le projet la concernant ne sont pas dissociés au sein du processus cognitif.

Ce dispositif théorique a eu une première application – notamment pour ce qui concerne la phase de la connaissance sensible – sur un cas d’étude issu du milieu rural – le sommet d’une montagne – qui toutefois a fait l’objet d’une riche activité d’urbanisation. Néanmoins, des approfondissements et des vérifications supplémentaires de ce dispositif sont nécessaires pour sa mise au point tant théorique que méthodologique.

L’évolution de cette recherche peut être donc schématisée en trois phases distinctes :
A. La vérification de la partie concernant la connaissance sensible par son application à d’autres cas d’études, élargis notamment au milieu urbain, comme la place ;


B. L’approfondissement et la mise au point de la partie concernant la connaissance projective :
a. du point de vue théorique par l’exploration des nouveaux paradigmes de connaissance – comme par exemple ceux basés sur l’abduction ou l’inférence – appliqués aux objets spatiaux comme les lieux et le paysage. Il s’agit de voir si et comment le processus de conception – le projet – en prolongeant la connaissance sensible dans la dimension projective, peut être considéré comme un acte de connaissance.
b. du point de vue de l’application pratique, par l’étude de projets spécifiques qui, partant de la connaissance sensible d’un lieu, puisent dans cette dernière les bases même de la conception ;
C. La recomposition et la synthèse de ces deux phases concernant : l'une, la connaissance sensible et l'autre, la connaissance projective.


Thème 2
Une épistémologie du paysage à partir du mot et de ses usages
Catherine FRANCESCHI

Une épistémologie du paysage est possible en prenant comme point de départ le mot paysage et ses usages. C’est cet abord qui sera développé dans cette recherche. Il suppose une conception du langage où le mot est symbole et la dénomination une forme de symbolisation.
Les résultats de recherches déjà obtenus de ce point de vue sont les suivants :
- concernant l’origine de la notion : précision du moment d’invention de la notion dans diverses langues européennes en soulignant les points communs et spécificités de chaque langue (1998) ; rôle et fonction du paysage au moment de son invention ; place du paysage parmi d’autres phénomènes intervenus au même moment (perspective, nouvelle vision du monde, etc.)
- concernant la structure d’évolution du concept de paysage : repérage d’une structure en trois temps à l’intérieur de laquelle peuvent être dépliés tous les usages passés et présents du paysage. (Franceschi : 2000)
- concernant le paysage dans son rapport à la représentation et à l’implication du sujet qu’elle suppose : prise du paysage dans le champ de la représentation ; explicitation du moment de rupture de la représentation au sens classique du terme introduit par les avant-gardes du début du XXème siècle, et de ses conséquences sur la question du sujet ; repérage en retour du champ épistémologique dans lequel les conceptions actuelles du paysage se développent.

Le projet de recherches se développera simultanément dans trois directions.
1. Une analyse précise des occurrences du mot en langue française, dans tous les domaines où il est en usage : histoire de l’art, sciences humaines et sociales (géographie, ethnologie…), philosophie, architecture, paysagisme et jardinisme mais aussi dans les domaines juridiques et politiques. Un enrichissement par l’étude des termes équivalents à paysage, dans d’autres langues européennes, repérés par le biais des traductions.
2. Un développement sur la question de la représentation en privilégiant quatre moments : l’antiquité (Platon et Aristote) ; de la renaissance au XIXème siècle en lien avec la perspective centrale ; les déplacements opérés par les avant-gardes au tournant des XIXème et XXème siècles ; la situation actuelle.
3. Une réflexion concomitante sur la question du sujet percevant, regardant, concevant. La question de la transcendance et de l’immanence sera mise en tension avec les déplacements intervenus depuis l’invention de l’inconscient par Freud.

Les résultats à attendre de cette recherche sont de trois natures distinctes. Il s’agit :
1. Des précisions sur le contenu même de la notion de paysage à différentes périodes de l’histoire en soulignant les continuités et les ruptures en langue française et dans d’autres langues européennes.
2. D’une explicitation des univers conceptuels et des filiations épistémologiques des « théories » actuelles sur le paysage, dont celles d’Augustin Berque (médiance) et d’Alain Roger (artialisation) pour ne citer que les plus formalisées, ainsi que des réalisations qui s’effectuent au nom du paysage.
3. D’une interrogation sur les possibilités de renouvellement ou non du concept et de ses usages face aux questions urbaines et environnementales à l’œuvre dans les sociétés d’aujourd’hui qui s’expriment sous les formes diverses de la mondialisation, du développement durable, des dé-territorialisations, etc.

Ce projet sera prolongé, selon les mêmes principes méthodologiques, tant par des études comparatives relatives aux concepts équivalents à celui de paysage dans d’autres langues européennes que par l’analyse des méthodes développées pour intervenir sur les lieux, au nom du paysage, dans différents pays.

Partant des recherches effectuées sur le terme de « paysage », un travail de même nature sera mené sur la notion de milieu.


Thème 3
Pour une théorie du paysage arabo-islamique
Le sensible comme philosophie du visible et de l’invisible

Mongi HAMMAMI

Chaque peuple appréhende son paysage selon ses propres canons culturels mais aussi en fonction du rapport d’échange qu’il entretient avec son milieu respectif, tout en ayant un schème d’écoumène approprié. Pour l’édifier socialement comme la valeur singulière qui s’élève dans les esprits, le paysage dans la culture arabo-islamique est-il pensé comme la source première dans laquelle puise pleinement une manière de voir et d’imaginer le monde ?
Vivre dans un paysage qui enchante ou qui répond au désir de l’œil et de l’âme, signifie qu’on est amené à partir de la flèche (du temps et de l’espace) à prendre conscience de son épaisseur, de ses logiques de fonctionnement, de ses dimensions et de ses échelles de lecture et de représentation. Dans cette optique, le paysage est donc le moteur de la perspective sociale qui embraye la perception ou qui déclenche la sensibilité et l’attention de l’être humain par rapport à son environnement : c’est ce qui fait jaillir la motivation paysagère. À partir de cette conjoncture, il est simultanément une construction historique, sociale, culturelle et géographique.

Si le paysage est la somme d’une construction plurielle, comment est-il saisi ou défini dans la culture arabo-islamique ? En quoi et comment ce paysage est-il révélateur d’une assise identitaire, ou instaurateur d’un lieu ou d’un non-lieu ? Pour les Arabes et les musulmans, le paysage est-il assimilé à la nature ou bien assimilé à l’urbain ? Pour mieux le saisir, comment est-il représenté ?

Ainsi, l’axe de cette recherche pose une problématique qui s’érige au travers d’un questionnement de l’histoire arabo-islamique (d’avant et pendant l’Islam). Il tente d’apporter des éclairages sur ce que peut être le paysage aux yeux de la société arabo-musulmane qui n’est guère aveugle devant ce qui ravive sa propre vision du monde.

En termes de nature, de paysage et d’architecture, trois approches constituent le coeur de la présente recherche :
1. UNE APPROCHE À CARACTÈRE THÉORIQUE, ÉPISTÉMOLOGIQUE ET HISTORIQUE :
Elle consiste à établir l’état des savoirs ou des connaissances sur la question du paysage arabo-islamique, de l’habiter urbain (la ville) et de l’environnement naturel (le désert), sur la base de l’analyse des manuscrits historiques, des textes littéraires, des traités d’architecture, des peintures, des fresques ou des mosaïques… qui apportent des éléments de réponses au champ d’investigation que préfigure cette recherche.
2. UNE APPROCHE À CARACTÈRE PRATIQUE :
Elle se situe dans une optique de reconnaissance paysagère de l’urbanité des grandes villes arabo-islamiques (exclusivement celles du Maghreb).
3. ENFIN, UNE APPROCHE COMPARATIVE :
Entre la théorie du paysage occidental, la théorie du paysage de l’Extrême-Orient, et la signification que revêt le paysage arabo-islamique dans le Maghreb et le Moyen-Orient.

3. HISTOIRE ET CIVILISATIONS MODERNES
Jean-Pierre LE DANTEC, Michel VERNES, Philippe DUBOY, Sabina VILLA

« L’histoire est un roman vrai » a écrit Paul Veyne. Roman en ceci que toute production historique finit par prendre la forme d’un récit. Récit qui, lui-même, suppose un narrateur inscrit dans une histoire singulière, tributaire des préjugés de son milieu, des passions du moment et des idéologies dominantes de son époque : l’historiographie de la Révolution française, de Michelet à Furet en passant par Lavisse ou Soboul, est, à cet égard, édifiante.
Toutefois – ce point est capital - l’histoire entretient avec la vérité un rapport de nature radicalement différente de celui qui lie cette dernière au roman. Si le roman en effet, du moins lorsqu’il atteint à l’art, produit des effets de vérités spécifiques différentes des vérités scientifiques « classiques », l’histoire, elle, est régie par un système précis de lois issu de la méthode scientifique dans toute sa rigueur : méfiance systématique vis à vis des travaux antérieurs, y compris les plus réputés ; mise à jour, découverte, vérification et étude directe des sources (archives écrites ou dessinées, témoignages, recoupements de ceux-ci, analyse des objets au moyen des techniques archéologiques les plus pointues ; probité scientifique absolue…), rejet systématique de la fiction pour « combler » les vides du savoir ou « répondre » à des interrogations ... En tant que rameau de l’Histoire tout court (et non pas, comme cela s’écrit ou se pense trop souvent, en tant que sous-ensemble d’une discipline scientifique singulière appelée « histoire de l’art »), l’histoire de l’architecture, de l’art des jardins et du paysagisme ne saurait échapper à cette ambiguïté constitutive de la discipline à laquelle elle appartient. Laquelle (à supposer qu’elle ne soit pas instrumentalisée par une idéologie partisane au service d’un intérêt particulier – nationaliste, économique, clanique, religieux…), a moins pour objet la connaissance vraie et exhaustive d’un passé ir-re-présentable par définition, que la production d’un savoir de plus en plus fidèle et détaillé à propos de celui-ci. Savoir destiné à fournir aux vivants des outils fiables de mémoire, toujours à repenser et à réactualiser, à partir desquels chacun puisse se situer, s’orienter dans le présent et se projeter dans le futur. Bref, exercer aussi lucidement que possible sa liberté.

Tel est en tout cas l’esprit qui anime le sous-ensemble de l’équipe dont les travaux relèvent, pour l’essentiel, de l’histoire. Ceux-ci, dont certains déjà effectués au sein de l’équipe ont donné lieu à des publications , s’orientent actuellement dans les directions suivantes :


Thème 1
Les relations entre l’art des jardins de l’époque art déco
et les interventions paysagistes

Jean-Pierre LE DANTEC

Pour faire suite à un précédent travail de recherche, mené pour le ministère de l’Environnement et ayant donné lieu à la publication du livre Le Sauvage et le régulier. Art des jardins et paysagisme en France au XXème siècle, dont il a été remarqué à juste titre qu’il manquait d’aboutissement sur ce point, une recherche nouvelle est en cours d’élaboration associant une doctorante Isabelle Glais, concernant les relations entre l’art des jardins de l’époque art déco et les interventions paysagistes de type nouveau (urbaines, accompagnant les grandes infrastructures – autoroutes notamment - et/ou relevant d’une politique d’aménagement territorial à grande échelle) au cours des années 30-50 - le rôle d’Henri Prost et de ses équipes étant ici central.

Thème 2
Encyclopédie du pittoresque
(Projet de livre Édition Picard 2005)
Michel VERNES, Sabina VILLA

Le thème de cette recherche est centré sur la production d’une encyclopédie du pittoresque, ouvrage qui proposera à ses lecteurs une vision à la fois prospective, étendue et détaillée de ce qu’on nomme comme éléments le « mouvement du pittoresque » et que l’on date du 18ème siècle et du 19ème siècle. Une cinquantaine d’articles révèleront les dimensions intellectuelles et matérielles qui débordent son cadre d’origine, celui du paysage et des jardins pour devenir une manière de voir, de penser, de s’approprier et d’aménager la nature, d’attacher les mots aux choses et les choses au regard ; in fine de conférer à celui-ci le pouvoir de reconnaître et de transformer notre monde, de le mettre en image pour le mieux posséder et s’approprier à ses aspirations.
Les différents aspects des voyages, des encyclopédies et musées pittoresques seront présentés comme la cause et le développement logiques des tableaux et jardins pittoresques.


Thème 3
Art, architecture et industrie : la construction du territoire
Philippe DUBOY

L’objet de cette recherche est le rapport existant entre architecture, art et invention de territoire dans la culture des avant-gardes du XVIIIème et XXème siècles à partir de deux textes de Le Corbusier :
1. « Un standart meurt, un standart naît » 1925
2. « En Allemagne » 1914
En premier lieu, comme témoignage du fondement historique de la formation d’un architecte au début du XXème siècle et de la culture des avant-gardes, on restituera La construction des villes (1910-1918) regroupement de manuscrits, notes et fiches de lectures de Ch. E. Jeanneret. Ces derniers rendent parfaitement compte de la culture de l’histoire pendant la première guerre mondiale, époque de la naissance de l’urbanisme, dominée par l’histoire des villes comme illumination et fondement du plan.

Dans un deuxième temps, deux éléments de cette culture seront révélés :
LA CRÉATION D’UN PAYSAGE « ITALIEN » AGRICOLE ET INDUSTRIEL EN FRANCE AU XIXÈME. SIÈCLE ET LA GARDENSTADT D’HELLERAU (DRESDE) :
Pour comprendre la création du premier on relèvera les indices de l’industrialisation des campagnes à partir site « italien » de Clisson. Cette promenade publique, la Garenne Lemot (1805), servit de caution publicitaire a la politique gouvernementale de renaissance économique de la région. Une première réalisation de Lemot dans l’Oise en 1802 nous permettra de développer la recherche sur la région parisienne selon les thèmes suivants : une ère nouvelle ( les progrès de l’agriculture, les conditions de vie, l’urbanisation des campagnes), Les nouvelles traditions (l’enseignement agricole, les encouragements), l’aménagement du territoire comme moyen de pacification et de spéculation, les antécédents (Turbilly, Clisson, Belle-Ile), les théories (Sinclair, Thaer, Dombasle, Fellemberg) et les modèles (Howfil), les colonies pénitentiaires, Grignon et les réalisations.

Pour décrire Hellerau, « L’atelier de l’art futur, le laboratoire d’une humanité nouvelle », cette cité jardin, réalisation du Werkbund allemand, paradigme de la construction du territoire du début du XXème. Siècle et application des principes de Garden City, on approfondira entre autres :
- le rôle de l’ouvrage de Muthesius Das Englische Haus en 1904
- la Dalcroze Schule comme point de rencontre de l’avant-garde.

Ces investigations successives feront l’ouvrage de divers articles et dans les années futures d’un ouvrage sur l’ « invention standard » du territoire.

4. ARCHITECTURE, URBANISME ET ANTHROPOLOGIE DU PAYSAGE
Augustin BERQUE, Yann NUSSAUME, Patrick DUGUET, Eric DANIEL-LACOMBE, Brigitte NAVINER, Andréas CHRISTO-FOROUX.

Dans le cadre du programme d’habilitation 2002-2005, nous avions pris pour objectif, dans le cadre du projet scientifique, l’observation et l’analyse des processus constitutifs des nouveaux territoires urbains, périurbains et ruraux. Parmi les quatre axes retenus, le premier - les pensées du paysage et de la ville - et le deuxième - les vocabulaires et les dispositifs visuels des pratiques disciplinaires dans l’aménagement urbain et paysager - étaient spécifiquement centrés sur les transformations des liens entre ville, architecture et paysage. Au cœur de ce programme, Frédéric Pousin étudiait les conditions d’apparition de la notion de paysage urbain et le vocabulaire des concepteurs. Hélène Jannière questionnait les pratiques et les savoirs spécifiques de l’urbanisme et du paysage. Yann Nussaume précisait les liens entre géographie, culture et processus de création architecturale et urbaine. Muriel Rosemberg interrogeait les images de l’urbain et du paysage dans leurs rapports au savoir géographique. Augustin Berque en tant que chercheur associé à l’équipe dirigeait un programme sur l’habitat insoutenable.

Seules les problématiques de Yann Nussaume et Augustin Berque ont pu être finalisées. Elles demeurent deux des grandes thématiques de cet axe de recherche. Leur contenu a été enrichi par les diverses investigations effectuées ces deux dernières années.

Aussi, Yann Nussaume, collaborant déjà avec l’université de Kyôto Technologie pour son thème, s’associe avec Patrick Duguet. Ensemble, ils souhaitent accentuer les liens avec le laboratoire Space Syntax et conforter l’analyse des processus de création des paysages urbains et périurbains, à partir des systèmes de circulation.

Avec l’arrivée d’Eric Daniel-Lacombe comme enseignant à l’EAPLV et comme nouveau membre de l’équipe, et la « promotion interne » d’Andréas Christo-Foroux et de Brigitte Naviner, qui a achevé sa thèse sur l’économie du paysage en juin 2002, un autre sujet a été formulé, de nature à renforcer l’interdisciplinarité de cet axe de recherche sur l’architecture, la ville et le paysage. Il porte sur les sources de l’invention des formes urbaines et paysagères et les éléments de méthode permettant de les analyser.
Nous avons recherché la complémentarité possible de ces différents thèmes en termes de contenus.

Thème 1
L’habitat insoutenable
Augustin BERQUE
Dans le cadre du même programme, sont actuellement en préparation les opérations suivantes :
1. Du 20 au 27 septembre 2004, colloque international "Les trois sources de la ville-campagne", à Cerisy-la-Salle.
2. D'avril 2005 à mars 2006, au Nichibunken, coordination du projet "Nihon ni okeru sumai no fûdosei.jizokusei / Sustainability and mediance in Japanese habitation".
3. Publication des actes du colloque de Cerisy.
4. Publication d'un ouvrage de synthèse sur les cinq premières années du programme (2001-2006).


Thème 2
Milieux, processus de conception architecturale et analyse
Yann NUSSAUME, Patrick DUGUET

Existe-t-il une influence du milieu (A. Berque, 1986), des liens unissant culture et environnement, sur le processus de création d’un architecte contemporain ? Telle est l’interrogation qui a été à l’origine de l’élaboration de ce thème de recherche. Il s'inscrit dans le sillage d'une problématique dont l'initiateur fut le philosophe japonais Watsuji Tetsurô (1889-1962) et au développement de laquelle Augustin Berque a largement contribué.

DEUX ARCHITECTES JAPONAIS ET LA PROBLÉMATIQUE DU MILIEU
Pour y répondre, une première étude a été menée au sein de l’Équipe « Jardins, paysages, territoires » en 1999-2001 dont l’objectif était de définir l’incidence du milieu nippon sur Andô Tadao et Takamatsu Shin : deux architectes contemporains japonais dont l'éthique est apparemment opposée.

UN SIÈCLE DE THÉORIE ARCHITECTURALE JAPONAISE ET LA MESURE DU PAYSAGE
Dans le cadre du programme 2002-2003, nous avons élargi cette étude en nous focalisant, non plus uniquement sur le travail de deux créateurs, mais sur le contenu de quelques textes fondamentaux de la théorie architecturale japonaise contemporaine de la fin du XIXème et du XXème siècles (Nussaume, 2004). Toujours dans une perspective écouménale, nous avons, par ailleurs, analysé le rôle du milieu sur la notion de détail (Nussaume, 2003). Ces recherches ont contribué à mieux cerner les influences du milieu tant sur le processus d’élaboration que sur l’objet architectural fini. Elles ont favorisé l’acquisition de nombreuses connaissances sur l’architecture japonaise contemporaine. Plus globalement, elles nous ont apporté des premiers éléments de réponses concernant la question : quels sont les effets de la modernité lors de sa confrontation avec un milieu traditionnel ?
Toujours dans le cadre du programme 2002-2003, nous avons également débuté en association avec l’Université Collège de Londres des investigations sur les liens possibles entre le concept de milieu et les outils développés par un de ses laboratoires, le Space Syntax. Est-il possible d’identifier et de mesurer les effets du milieu sur l’espace ? Pour répondre à cette interrogation, nous avons mis en évidence la nécessité d’une approche herméneutique, prenant en compte les différences de perception des milieux étudiés.

MILIEUX, ANALYSE ET APPROCHE HERMÉNEUTIQUE
Un des objectifs de ce thème de recherche pour 2003-2004 est de continuer à approfondir les connaissances acquises.
En ce sens, nous poursuivrons nos investigations sur les effets du milieu nippon sur l’architecture japonaise suivant trois directions :
- en précisant les rapports à la modernité de l’architecte Kazuo Shinohara à partir de ses textes et de ses plans. Notons que par rapport à ce sujet, nous avons déjà débuté des recherches en collaboration avec le Professeur d’histoire de l’Université de Kyôto technologie et ses étudiants (Matsatsugu Nishida, Edouart Vigreux, Julien Brochet, 2003). Ce travail conduira dans les années à venir à la publication d’un ouvrage collectif.
- en nous interrogeant sur les choix des matériaux et leur sens chez Kengo Kuma. Ce thème fait suite au travail entrepris sur le détail. Il sera effectué sur la base d’un corpus de documents en japonais afférents au travail de cet architecte.
- en développant la notion d'architecte (Nussaume 2003, Matsatsugu Nishida 2004) et les rapports dans l'architecture traditionnelle entre le concepteur de l'édifice et du jardin. Par rapport à cette problématique, un travail comparatif historique et analytique sera mis en place, s'appuyant sur des exemples français pris à différentes époques. Ces recherches aboutiront à l’organisation d’un colloque franco-japonais.

Aussi, dans le but de continuer à établir des liens avec les recherches du laboratoire Space Syntax de l’Université Collège de Londres, un projet de recherche a été déposé auprès de la communauté économique européenne (voir annexe). Deux autres problématiques seront développées dans ce nouveau programme :
Tout d’abord à partir d’une approche historique, on analysera l’évolution de la mise en place d’une approche herméneutique, prenant en compte les spécificités culturelles et géographiques au sein des théories de l’art, de l’architecture, de la ville et du paysage.
La recherche, toujours fondée sur une approche herméneutique, approfondira l’usage des techniques de Space Syntax appliquées à l’analyse des paysages (Duguet, Nussaume, 2002).


Thème 3
Invention des formes urbaines et processus de démarche paysagère
Eric DANIEL-LACOMBE, Brigitte NAVINER, Andréas CHRISTO-FOROUX

Le paysage est une discipline par essence transversale. Cinq propositions pour une théorie du paysage, première publication du DEA « Jardins, Paysages, Territoires », en offrait une illustration réunissant les points de vue du praticien architecte-paysagiste, du sociologue, du philosophe, du géographe, de l’agronome-écologue.

Cet axe de recherche, basé sur cette interdisciplinarité et transversalité, s’inscrit dans un jeu entre théorie et pratique, entre cadre universitaire et pratique professionnelle, entre approche sensible et approche scientifique.

Les formes des espaces publics urbains méritent une attention renouvelée. Il est important d’en connaître le répertoire et les échelles d’expression. Mais il faut aussi en comprendre les conditions de création. Celles-ci dépendent à la fois des conditions économiques ou politiques, et des significations que les habitudes urbaines ont attachées à ces lieux.

Notre approche se concentrera plus volontiers sur le « paysage urbain » perçu comme le spectacle de l'activité de la ville sur un fond défini par des continuités sensibles et culturelles, telles la vitesse de déambulation, la sonorité, les lignes de ciel, la présence des arbres, de l’eau, et les éléments distinctifs d'ordre architectural… Le paysage ne se confond pas avec le territoire mais il ne saurait s’en détacher totalement. Le paysage constitue un certain idéal du territoire auquel il confère une valeur symbolique supplémentaire.

Cette recherche ne tend pas à fournir une histoire exhaustive des formes urbaines et paysagères, mais plutôt à fournir des éléments de méthode pour les analyser. Plus particulièrement nous porterons notre attention sur les sources de l’invention des formes urbaines et les processus de démarche paysagère qui offrent à la fois de nouvelles conditions de vie collective et de nouvelles formes d’autonomie créatrice, ou de capacités d’appropriation des lieux, aux individus. Il s’agit alors d’en montrer la pertinence dans les conditions de la production contemporaine du paysage en s’intéressant, par priorités, à un aménagement producteur d’espaces de vie collective, elle-même créatrice de rapports sociaux. Ce travail s’appuie sur l’analyse de projets paysagers dans des situations observées au cours des quinze dernières années.


5. ART ET PRATIQUES PAYSAGÈRES
Arnauld LAFFAGE, Pascal AUBRY, Olivier JEUDY, Anne PHILIPPE.

La présente recherche consiste à étudier les différentes pratiques artistiques qui développent des scénographies mettant en situation des espaces urbains et paysagers. En investissant un lieu et en inventant une mise en relation du geste producteur avec le contexte physique et symbolique, les artistes plasticiens déplacent les catégories qui structurent notre rapport au lieu, à l’architecture et au paysage. Leurs mises en œuvre induisent d’autres modes de perception et de représentation, d’autres modes de lectures des lieux. Pour interroger la singularité de ces démarches artistiques créatrices de contexte, nous analyserons les mises en place de dispositifs d’expérimentation, les temporalités des différentes mises en œuvre d’espace et les interprétations auxquelles elles donnent lieu.

Nous étudierons également les relations de dépendance entre les pratiques artistiques liées à l'espace urbain et paysager et les dispositifs de représentation audio-visuels (photographie, cinéma, vidéo, télévision, informatique). En distinguant notamment les pratiques artistiques in situ et les scénographies urbaines ou paysagères créées à partir des techniques de simulation, notre recherche tend à dégager ce qui est en jeu dans nos rapports aux lieux, à développer nos questionnements sur l’imaginaire urbain contemporain et sur l’invention de nouveaux paysages.

Ce thème réunit un ensemble de personnalités ayant des formations et des pratiques complémentaires autour d’une problématique afférente aux démarches favorisant la prise en compte de la pratique et de l’action in situ. Cette recherche s’inscrit dans un jeu entre démarches universitaires et pratiques artistiques et professionnelles.

L’axe « Art et pratiques paysagères » stipule trois thèmes distincts :


Thème 1
LECTURE DU PAYSAGE À TRAVERS LES PRATIQUES ARTISTIQUES
La lecture de certaines œuvres de l’artiste vidéo Bill Viola a permis de soulever des interrogations concernant des traits fondamentaux du paysage : les temporalités multiples, l’implication du spectateur dans l’œuvre, le lien entre le lieu de l’œuvre et la psyché humaine (Anne PHILIPPE, 1994) . Nous formulons donc les interrogations suivantes auxquelles nous allons essayer de répondre lors de ce nouveau programme pluriannuel :
· Certaines œuvres d’artistes contemporains opèrent-elles des déplacements dans notre rapport au lieu et au paysage ?
· La contextualisation de l’œuvre participe-t-elle à leur lecture ?

Le corpus de cette thématique s’étend à des pratiques artistiques diversifiées :


Les œuvres en milieu urbain
L’étude des textes de lois légiférant les pratiques artistiques, la correspondance entre artistes et commanditaire, le choix des lieux géographiques des œuvres, les interviews d’artistes, constitueront un premier corpus contribuant à préciser les attendus de la commande publique et la position des artistes face à ces attendus.

D’autre part qu’en est-il des artistes dont les œuvres s’inscrivent en dehors de la commande publique ? Quels nouveaux réseaux émergent dans ces pratiques ? Quelles évolutions du statut, du rôle et de la place de l’artiste cela préfigure-t-il ? Quels déplacements des enjeux symboliques peut-on y repérer ?

Les arts visuels figurant la ville
Le cinéma et la vidéo ouvrent un autre champ privilégié où les modalités de notre rapport aux lieux se déclinent de manière complexe, mettant en jeu une circulation des regards et des temporalités multiples. L’échelle des cadres, la puissance du hors champ, la durée des plans et le rythme du montage sont autant des spécificités liées au langage cinématographique qui transforment la lecture du paysage dans la mesure où celui-ci s’inscrit dans un récit se déployant dans la durée.


Les arts de la scénographie et les pratiques de muséographie
Un nouveau genre d'exposition prend place dans les musées, ces expositions d'immersion qui proposent au visiteur de déambuler dans des reconstitutions modifient le statut et les perceptions du visiteur. Ce thème de recherche sera abordé en association avec Florence Belaen, chercheur-associé au laboratoire CRCMD (Centre de Recherche sur la culture, les Musées et la Diffusion du savoir) à l'Université de Bourgogne.


Thème 2
Les pratiques artistiques à l’échelle urbaine et paysagère
Un récent projet de recherche (Olivier Jeudy, Arnauld Laffage, 2003) consiste à étudier les différentes pratiques artistiques qui participent au renouveau des sites industriels dans les villes fluviales. Les nouveaux modes de relation qui s’instaurent entre les artistes, les architectes et les paysagistes, pour répondre notamment aux politiques de réaménagement des friches industrielles urbaines, changent le panorama des pratiques et des conceptions artistiques liées à la ville. Nous voulons montrer en quoi la valorisation des interactions mises en œuvre entre artistes, et professionnels de l’aménagement amène plusieurs démarches artistiques travaillant à l’échelle urbaine à se repositionner. Nous étudierons cette mutation des pratiques artistiques à travers l’analyse de plusieurs stratégies de mise en valeur de sites industriels fluviaux, développées en France et en Allemagne.

Nous précisons que plusieurs membres de notre équipe de recherche animent également, depuis 5 ans, deux unités de séminaire de 3ème cycle à l'École d'architecture de Paris La-Villette, l’une en « Arts et Scénographies urbaines », l’autre en « Démarches et projet de paysage ». Le séminaire de recherche en « Arts et Scénographies urbaines », dirigé par l’enseignant plasticien Xavier Juillot, est un lieu de réflexion sur l’imaginaire urbain lié aux pratiques artistiques contemporaines. L’équipe d’enseignants plasticiens et théoriciens en art contemporain qui anime ce séminaire, propose de développer avec les étudiants d’architecture des scénographies plastiques dans des lieux urbains et paysagers. En juin dernier un stage pédagogique, encadré par Xavier Juillot, s’est déroulé sur le site du Port Nord de Chalon sur Saône. D’autres stages pédagogiques sur ce même site industriel portuaire sont prévus pour l’année scolaire 2003-2004. Nous étudierons l’évolution de ces expériences d’expérimentation sur le site, en étudiant la possibilité d’organiser un Workshop qui réunirait des étudiants de différentes écoles, en Art, Architecture et Paysage.


Thème 3
Schématisation des regards contemporains sur le paysage
Dans un certain nombre de disciplines telles que l’architecture, la médecine, le paysage, les exigences des praticiens, enseignants, chercheurs, dans le domaine de la sémantique présentent un caractère particulier qui est celui de l’opérationnalité et de l’efficacité professionnelle.
Pour approcher les conditions selon lesquelles une représentation d’environnement pouvait être reconnue « en tant que » paysage, nous avons élaboré un système de test.
Ce « sondage - paysage » a pris la forme d’une projection d’images retenues dans les manuels scolaires parce que le mot paysage figurait dans leur légende. Des groupes de profils variés ont été soumis au sondage. Il leur fallait classer les images selon quatre catégories : de plus à moins « paysage ». Il en est ressorti que la notion de paysage était en définitive assez précise : Bien que subjective, elle relève d’une culture assez largement partagée, mais émoussée et qui nous conduit à utiliser par inadvertance, comme s’ils étaient synonymes, les mots paysage et environnement. La présence d’un horizon physique ou culturel, une certaine largeur de champ et une profondeur de l’espace représenté, une organisation de celui-ci, une large présence d’éléments naturels ou rattachés à l’idée de nature et enfin une émotion esthétique semblent indispensables pour qu’une représentation d’un espace concret puisse être considérée comme paysage. Mais, depuis 1991 , de nouveaux « points de vue » sont apparus, permettant maintenant l’invention paysagère. Ils sont liés aux moyens de transports, et notamment à l’automobile et à l’avion. Nous prenons pour hypothèse que les travaux de certains photographes et cinéastes ont participé à une nouvelle schématisation du regard de nos contemporains.
Un prolongement à l’axe de recherche de 1991 apparaît donc : l’élaboration d’un nouveau test qui nous permettrait d’identifier les nouveaux modes d’invention paysagère apparus depuis dix ans.
L’exploitation des ouvrages de Yann ARTHUS BERTRAND et de Alex S. MACLEAN , constituera la première phase de cette recherche.


ACTIONS NATIONALES ET INTERNATIONALES
DEA « Jardins, Paysages, Territoires »
Le laboratoire est engagé dans l’École doctorale « Espaces, Sociétés, Aménagements » qui rassemble les Universités de Paris I, Paris IV, Paris X, Paris VIII, l’École Normale Supérieure de Lyon et l’École d’architecture de Paris-La-Villette et 4 de ses membres, Pascal Aubry, Jean Pierre Le Dantec, Arnauld Laffage, participent à l’enseignement du programme du DEA ainsi que deux de ses membres associés, Augustin Berque et Pierre Donadieu.
Le grand nombre des doctorants inscrits au DEA « Jardins, Paysages, Territoires » (cf. liste ci- jointe) fournit un vivier considérable dans lequel nous devons pouvoir sélectionner de futurs chercheurs. C’est l’une des responsabilités premières que se fixe le laboratoire que d’encadrer solidement ces futurs candidats à la recherche en les intégrant dans un véritable milieu de recherche et en les faisant bénéficier d’un tutorat en la matière, en leur permettant de prendre part aux actions de recherche du laboratoire. Ainsi le laboratoire devrait-il mieux jouer son rôle de laboratoire d’accueil de l’École doctorale Espaces, Sociétés, Aménagements.

Formation Paysage de I’École d’architecture de Paris-La-Villette
Par ailleurs le DEA et le laboratoire offrent des perspectives de formation à la recherche pour les étudiants qui ont suivi la formation au paysage de l’EAPLV, notamment l’Unité de projet de 3 cycle « La démarche de projet dans l’interface Architecture/Paysage » (responsables Odile Hamburger, Arnaud Laffage)
Projet ALFA Réseau PEHUEN
Ce projet concerne un programme de formation de troisième cycle universitaire intitulé « paysage, environnement et villes ». Il s’inscrit dans un programme d’échanges universitaires entre l’Europe et l’Amérique Latine, le programme ALFA. Ce programme financé par la Communauté Européenne, encourage les actions de formation de ressources humaines de haut niveau.


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