>Bibliothèque Nationale de France

Salle de lecture

Tambours pour faire circuler les livres.

Descriptions et impressions des étudiants 

Delphine DEMOL - Salma ALAOUI AMINI - Vicente IBANEZ - Joaquim PARRA GARRIDO

>>>>Héritière des riches collections nationales et d'un patrimoine architectural lié à son histoire, la Bibliothèque Nationale s'est trouvée confrontée aux difficultés inévitables nées de la croissance de la production imprimée et de la demande culturelle : elle devait opérer une mutation.
Cette mutation intervient en un moment où les développements scientifiques et techniques ouvrent des perspectives nouvelles à l'accomplissement de ses missions, aussi bien dans le domaine de la conservation que dans celui de l'accès aux documents. En particulier, les outils informatiques et les progrès des télécommunications, renouvellent les moyens donnés à la gestion des collections et à leur repérage.

>>>>>En 1988, François Mitterrand annonce "la construction et l'aménagement de l'une ou de la plus grande et de la plus moderne bibliothèque du monde". En 1989, le site du quai de Tolbiac, dans le XIIIe arrondissement de Paris, est retenu pour cette nouvelle Bibliothèque de France (TGB). Dominique Perrault remporte le concours architectural. La construction est achevée en 1995.
Le concept : un bâtiment de quatre tours de verre en forme de L (80 m de haut, 20 niveaux chacune), symbole de livres ouverts, avec en son centre et en contrebas, une forêt de plus de 10 000 m2. Une construction qui reflète l'architecture contemporaine, adepte de la transparence.

>>>>La BNF elle, c'est un peu une anomalie dans la stratégie des grands projets de François Mitterrand, puisque tous les grands projets du président sont connectés, implantés par rapport à un contexte historique très présent. La bibliothèque, elle, se trouvait nulle part. Il n'y avait qu'un immense faisceau de voies ferrées, quelques bâtiments industriels désaffectés.
L'idée, c'était de faire un acte fondateur qui au-delà de lui-même, allait permettre le développement d'un grand quartier à Paris. Mais en même temps, c'est un projet qui travaille sur le concept de la disparition : la bibliothèque, c'est à peu près trois fois en volume le Centre Georges Pompidou, soit une espèce de monstre très encombrant. D'où l'idée de faire disparaître la construction et de laisser un vide qui est la grande esplanade publique marquée par les quatre tours d'angle.
Mais la disparition, ce n'est pas qu'une question visuelle, c'est aussi un acte physique et politique. La BNF, c'est le premier grand monument public parisien qui n'est pas entouré de murs, de grilles. Tout citoyen, tout visiteur peut traverser son esplanade. C'est un espace de la ville qui est ouvert jour et nuit.

>>>>Les échecs et les limites de ce grand projet, qu’il s’agisse du bâtiment lui-même, du système informatique ou de l’ouverture au grand public « Des volets qui s’écaillent, des portes de verre qui explosent, des plafonds qui se décrochent, des herses qui s’effondrent, des sols qui glissent, tout cela peut n’être vu que comme une accumulation de malchances. »
Manque de compacité : « Une bonne bibliothèque est un lieu où les lecteurs et les livres sont physiquement proches. »
Les réflexions portent sur « l’arrogance sociale », à l’origine de la conception médiocre des espaces dévolus au personnel, par contraste avec le confort des salles de lecture.La BNF a été surdimensionné on aurait pu consacrer les deux tiers de la somme dépensée « pour une grande politique de la lecture en province… »Le montant des investissements pour ne s’interroger qu’ensuite sur les coûts de fonctionnement.