>Maison de la culture du Japon

Croquis de la façade de la maison de la culture du Japon

Facade

Plan de situation

Batiment dans son environnement

Installations de Kôichi Kurita et Yoshihiro Suda

Cours de calligraphie

PROJET LAUREAT - Yamanaka Armstrong Associates

Coupe de la superstructure en jaune et de l’infrastructure en rouge

Plan du rez de chaussée

Sas d'entrée

Escalier monumental

Hall d'accueil

Croquis de la terasse

Croquis de la salle polyvalente

Descriptions et impressions des étudiants

Abdramane ABOU KAMATE - Delphine DEMOL - Marie FAUTREY - Joachim PARRA GARRIDO - Salma ALAOUI AMINI - Vincente IBANEZ

1/Introduction

Pas moins de quinze ans ont été nécessaires pour mettre en œuvre la construction de cette maison.
L'origine du projet remonte à 1982, lors de la visite d'Etat de Monsieur François Mitterrand, Président de la République française, au Japon. C'est en effet au cours d'un des entretiens qu'il eut alors avec le Premier ministre japonais Monsieur Zenko Suzuki que Monsieur Mitterrand lance l'idée de la création à Paris d'une maison qui aurait pour but de présenter la culture japonaise au public français et de renforcer par ce biais les liens entre les deux pays.


La proposition étant bien accueillie, les deux parties entament les études préliminaires qui débouchent
sur le choix d'un terrain situé sur le quai Branly, dans le XVe arrondissement.En 1988, deux Comités de parrainage, présidés par Monsieur François-Xavier Ortoli, Président de Total, du côté français, et par Monsieur Hiraiwa Gaishi, Président de Tokyo Electric Power Company, du côté japonais, ont été créés afin de soutenir le projet. Une autre structure, l'Association pour la construction de la Maison de la culture du Japon à Paris, présidée par Monsieur Isomura Hisanori a été mise en place avec comme mission l'organisation du concours d'architecture et de préparer les futurs travaux de construction. En 1990, un jury international choisi le projet présenté par deux jeunes architectes, le Japonais Masayuki Yamanaka et le Britannique Kenneth Armstrong.


Après l'obtention du Permis de construire en 1993, les travaux de construction démarrent en septembre 1994. La Fondation du Japon, organisme de droit public japonais dont la mission est d'assurer des échanges culturels entre le Japon et les autres pays, devient le maître d'ouvrage. Par la suite, elle se voit également confier la tâche d'organiser la gestion et les activités de la Maison.
La cérémonie d'inauguration de la Maison de la culture du Japon à Paris a lieu le 13 mai 1997 en présence de Monsieur Jacques Chirac, Président de la République française, et de S.A.I. la Princesse Sayako du Japon, ainsi que diverses personnalités françaises et japonaises. Cette cérémonie ainsi que les diverses manifestations organisées à la Maison au cours de cette année s'inscrivaient dans le cadre de l'Année du Japon en France (1997-98).La Maison de la culture du Japon à Paris a ouvert ses portes au public le 24 septembre de la même année, avec l'exposition Le siècle du design : Art-Info, présent et futur.

2/ Le site

Après avoir hésité sur trois sites possibles, les japonais ont arrêté leur choix sur ce terrain XVe arrondissement où de multiples projets ont été proposés, qu'il s'agisse de projets de promotions privées ou même de l'implantation de l'Institut du Monde Arabe.

Le terrain mis à la disposition de l'Association pour la Maison de la Culture du Japon par l'Etat Français est situé dans le 15éme arrondissement de Paris, sur la rive gauche de la Seine, non loin de la Tour Eiffel.

De ce terrain initialement affecté à des activités sportives et s'étendant de la rue de la Fédération au boulevard de Grenelle, une surface de 1720 m² environ a été détachée en bordure du Quai Branly et de la rue de la Fédération, en face de l'ambassade d'Australie. La maison de la Culture du Japon est implantée dans un quartier très animé, avec une vue sur le Palais de Chaillot. La façade se développe sur une longueur de 75 mètres environ en forme de croissant sur le long pan. Sur le coté Ouest, le terrain est bordé par un immeuble en pierre de taille de caractère haussmannien sur 8 niveaux. Deux cours avec vues principales sont découpées sur le mur pignon. On peut voir le respect des gabarits

3/ Le programme

L'établissement du programme à l'intention des architectes fut l'occasion de découvrir une différence significative dans les façons de concevoir les principes de la programmation dans chacun des deux pays. L'usage au Japon privilégiait les programmes peu directifs, laissant une grande latitude au concepteur pour inventer le fonctionnement des espaces et leurs relations. En France, en vue d'une meilleur approche du coût final de réalisation et de d'exploitation, une tendance à définir dans le détail les besoins.
En étant respectueux de cette différence d'approche, il convenait de proposer aux architectes les grandes lignes dans un cahier des charges bien déterminé. C'est dans cet esprit qu'avec Yvonne Bell-Gambart, alors responsable du Département d'Action Culturelle de Total CFP, que fut mis à l'approbation aux Comités, un document de programme qui fut inclus dans le règlement du concours.

La surface totale utile envisagée était de 7730 m² comprenant : accueil et sécurité; information ; manifestations publiques; enseignement, formation et séminaires; restauration et galerie marchande; administration et relations extérieures ; services généraux et ateliers. Comme éléments plus importants soulignons:
- Une salle à fonctions multiples, de 450 places, qui devrait profiter de tous les développements récents de la technique dans ce domaine. Cette salle devrait pouvoir se prêter a des manifestations aussi diverses qu'une scène de théâtre classique japonais, une création musicale ou un conférence.
- Un espace de près de 500 m² pour les expositions disposant d'une volumétrie adaptée à l'art contemporain.


Le but de ce bâtiment est de constituer un lieu de rencontre, de débats et de manifestations symbolisant au sens large la culture japonaise en France et en Europe.

Plusieurs manifestations sont realisées ajourd'hui dans la MCJP en montrant la culture japonaise à la ville de Paris:
Il y des activites habituels en plus que la bibliothèque et l'espace audiovisuel:
-Cours diverses:
go (jeu traditionel japonaise)
calligraphie
Ikebana (art floral japonaise)
-Ateliers d'initiation à les deux cultures
-Chanoyu (cérémonie du thé)

et d'autres vivants/temporaires:
-Spectacles tels comme "Gagaku", musique officiels de l'ancien cour de Japon, théâtre...
-Expositions tels comme "Petites natures?" (installations de Kôichi Kurita et Yoshihiro Suda) ou "Tissage de lumière" (tradition de Nishiki et oeuvres de KOHO)
-Concerts/conferences sur les musiques contemporaines de France et Japon
-Concert de tous façons; classique, rock, jazz...
-Conferences/degustation tels comme "seminaire sur le saké".
-Cinéma
-Sumo (luite traditionel du Japon)

Les manifestations sont organisées, generalment, par la MCJP/Fondation du Japon en partenariat avec l'association pour la maison de la culture du Japon à Paris.

4/ Le concours

Le concours organisé en vue de la construction de la Maison de la Culture du Japon s'est terminé par la session d'un jury international de onze membres, parmi lesquels on a pus trouvé Tadao Ando, Mario Botta, Alvaro Siza, Paul Andreu, Roland Simounet, réunis à Tokyo du 12 au 16 mars 1990. Le jury avait effectué son choix après trois examens et parmi 453 rendus, dont 52% de japonais et 45% de français, les 5% restants de différents pays.

Les français imaginent une architecture plus parisienne en incorporant des éléments symboles de la culture japonaise tandis que les japonais sont dans la simplicité ou à l'inverse, dans pastiche total du Japon.


a/Les Projets.

PROJET LAUREAT - Yamanaka Armstrong Associates

"Un bâtiment ne pourrait pas représenter la totalité de la culture japonaise. Ce sont les objets exposés, les événements organisés et les gents qui utilisent ce bâtiment qui représentent la culture japonaise. Des lors, la notion de transparence depuis la rue devient de la plus haute importance. Le langage architectural....simplicité, élégance et calme."

Deuxième prix Suzuky R

"Le rêve de l’échange culturel France-Japon est traversé par d’innombrables lignes de restrictions...Un espace qui n’appartient pas au Japon, ni à la France, ni à la Culture...espace de liberté que n’appartient à personne."

Troisième prix Takahashi Y.

"Une suite d’escaliers ouverts au public qui coupe le bâtiment en deux et relie tous les niveaux...Les escaliers symbolisent l’échange culturel à tous les niveaux."

 

b- Construction

D'une surface totale d'environ 7.500 m2, dont 4.500 m2 sont accessibles au public, la maison de la culture est construite sur onze étages dont six sont apparents. (du REZ-5 au REZ+5).

L'édifice imbrique cinq niveaux d'infrastructure et six niveaux de superstructure. L'infrastructure est essentiellement occupée par la salle polyvalente et son foyer, entourés d'annexes fonctionnelles qui se développe du rez-de-chaussée jusqu'au niveau -4. Le niveau -5 accueille le parking.
Pour réduire la durée des travaux, infrastructures et superstructures ont donné lieu à deux chantiers, l'un vers le haut, l'autre vers le bas.

La charpente métallique porteuse de l’édifice, qui s’élève sur 7 niveaux s’implante sur une boîte en béton inscrite en profondeur dans le sol calcaire.


La courbe de verre de 80 m de long et de 23 m de haut ainsi que les éléments vitré sont portée par des traverses métalliques en Alucobond et non par un système de montant plus classique comme dans les murs rideaux plus traditionnel.

 

c/ Intérieur

Tout l'intérêt de leur travail réside dans le captage de la lumière naturelle. A l'intérieur les espaces très différenciés bénéficient de ces jeux de transparence. Toute fois cela peut être vue comme un handicap pour la salle d'expositions qui ne pourra, à défaut de système d'occultation se prêter à toute sorte de présentation (comme les vidéos).


L’entrée s’effectue par un parvis à ciel ouvert créant un espace tampon entre extérieur et intérieur grâce à un premier voile de verre, que prolonge une porte tambour vitrée. L'entrée se fait par un parvis que les architectes ont masqué derrière la courbe du grand rideau de verre.

Le rez-de-chaussée, vaste hall où prennent place les services d’accueil et d’information comporte aussi une salle de séminaire de 150 places équipée pour des projections cinématographiques.

Un escalier monumental et des ascenseurs de verre distribuent les étages, des paliers passerelles successifs donnent une vue panoramique sur la Seine.

Tous les locaux respectent la même esthétique moderne et dépouillée ;

Des Salles de cours au niveau 1, servent de cadre à divers cours, notamment ceux d'ikebana (art floral japonais), de calligraphie et de go.

La vaste salle d’exposition de 500 m2 au niveau 2 bénéficie de la lumière du jour et de cimaises qui glissent sur des rails se modulant ainsi à la taille des présentations.

La bibliothèque de surface équivalente au niveau 3 comportant un espace audio-visuel de 130 m2 sur la mezzanine au niveau 4, reçoit une lumière du jour « tamisée » par les brises soleil extérieurs en aluminium, les salles de cours et les bureaux, aménagés dans les espaces générés par la courbe, profitent d’une lumière du nord et de vues sur la Seine.
Libre d'accès, elle dispose d'un fonds d'ouvrages essentiels en sciences humaines et sociales sur le Japon et sa civilisation.
La bibliothèque est à la fois sobre et chaleureuse, le mobilier en bois blond a été commandé à l'agence Norman Foster tandis que les chauffeuses sont dessinées par Jean Michel Willmotte.

Le dernier niveau (Niveau 5) est réservé à la Maison de thé où sont régulièrement présentées des cérémonies du thé.
Ce pavillon de 50m2 a été aménagé en terrasse donnant sur la Seine, assemblé sur place, dans la tradition de la célèbre Ecole de thé Urasenkei, voisinant avec un jardin japonais, soigneusement parsemé de galets et un espace plus large destiné à abriter une salle de réception de 120m2 capable d'accueillir une centaine de personnes.

Au sous-sol au niveau –3, la salle polyvalente, dite grande salle, est un espace rectangulaire de 29,80 m sur 16,50 m qui culmine à 10,50 m sous passerelles, des galeries périphériques à 4 m du sol permettent d’accueillir un nombre variable de spectateurs (sièges escamotables). Elle est entièrement revêtue de bois clair l’habillage des murs est constitué de panneaux de bois, dont certains coulissent, permettant ainsi la modification de l’acoustique de la salle. Cette salle transformable est équipée d'un système sophistiqué " spiralift " (brevet canadien): le plancher en érable se compose de 18 plateaux montées sur vérin pouvant s’élever de 4,50 m, surmontés chacun de 4 caissons mobiles (tournants) contenant eux-mêmes 8 fauteuils dépliants, au total 72 gradins mobiles. La machinerie de cette salle se situe en sous-face de plancher sur 3 m de hauteur, permettant de moduler toutes les configurations requises pour présenter divers types de spectacles: théâtre japonais ou occidental, danse, concert, défilés de mode. Au total 400 places sur 500m2.

L'espace de circulation est très étendu, mais cet espace n'est pas qu'un lieu de distribution, c'est un lieu de déambulation, les vue nous incite a monter, la circulation un espace de verre ouvert à l'extérieur, on ressent l'espace, le temps, les couleurs.
Les espaces sont calmes, reposants, souples, agréable, authentique et joue avec des jeux de transparences, de couches, si ce n'est le magasin qui est un espace résiduelle du hall d'accueil.

 

d- Idée forte

Comment intégrer dans l'urbanisme parisien l'image d'une culture différente?
L'American Center de Franck Gehry et l'institut du monde arabe de jean Nouvel avaient tenté le pari. Le premier à l'extérieur dure et l'intérieur riche et complexe à fermer ses portes, tandis que l'institut du monde arabe une œuvre plus parisienne qu'arabe, est une belle réussite mais en apnée financière.

Les contraintes du terrain exigu étaient très fortes.
La première idée des architectes fut d'optimiser le potentiel du site, la seconde fut de ne pas pasticher ni la culture ni l'architecture japonaise.
Cependant, l'esprit des maisons japonaises est exprimé dans ce jeu de poutres et poteaux qui constitue la structure métallique de ce bâtiment.


La proposition allie efficacité fonctionnelle et registre technique en clin d'œil à la tradition. Le bâtiment remplie l'emprise autorisée sans rien laisser de coté mais il le fait avec légèreté. Il évoque la sérénité, la fluidité. Corseté dans la courbe de la voie, le bâtiment présente à la seine un front lisse et bombé, entièrement en verre sérigraphie de haut en bas. Outre la courbe côté rue, le parti architectural présente une suite de retrait en gradins au cœur d'îlot, d’où un escalier à l'air libre se détache de la volumétrie générale.