>La rue Mallet Stevens

Plan masse de la rue

Bâtiments du CIAM

Descriptions et impressions des étudiants

Delphine DEMOL - Salma ALAOUI AMINI - Vicente IBANEZ - Joaquim PARRA GARRIDO

Adresse : 1-12, rue Mallet-Stevens (1929) 16éme arrondissement (Paris)
Auteur: Robert Mallet-Stevens.
Date : 1926-1927

Dans les années 20, les voies privées (dénommées villa), souvent en impasse et bordées de petites maisons, se généralisent dans Paris. De 1924 à 1926, l'architecte André Lurçat construit huit maisons dans la villa Seurat. Ces maisons d'artistes se caractérisent par leurs toits en terrasse, leurs enduits de couleurs vives et de larges baies vitrées. Dans le quartier d'Auteuil, l'architecte Rob Mallet-Stevens réalise vers 1927-1928 une cité moderne idéale en édifiant un groupe d'hôtels urbains dont son agence, une maison atelier pour un sculpteur et une maison de gardien. Les constructions se présentent comme des assemblages de volumes simples, surtout cubiques, articulés autour de cylindres. Les maisons de la rue Mallet-Stevens, «véritable manifeste de l'architecture moderne», sont protégées dès 1975.

Le projet est composé d'un ensemble de 12 logements-ateliers et de l'urbanisation de la rue, lui donnant accès et une organisation de cité moderne suivant la façon particulière des études des CIAM.

Installé dans un quartier en évolution ou Garnier, Ginsberg, Le Corbusier et plusieurs ont bâti, Mallet-Stevens crée une rue de "Cite moderne". Mallet-Stevens, indifférent à la réflexion sur la réalisation des logements de masse n'a pratiquement construit que des hôtels particuliers ou des villas pour de riches bourgeois. Mallet-Stevens a bâti ici un morceau de ville homogène comme une sculpture cubiste.
Les bâtiments de la rue sont un manifeste architectural du catalogue d'objets qu'il avait conçu dans « Une cité moderne ». Les principes sont simples:
· des jeux de cubes parfaitement blancs et lisses pour « unifier l'aspect de la façade, car les volumes comptent plus que les détails constructifs »,
· des décrochés, gradins, tours, jeux d'ouverture, auvents car « l'architecte sculpte un énorme bloc, la maison ».

Les bâtiments sont composés par des jeux de volumes suivant les préceptes des CIAM (lumière, fonctionnalité, ventilation, santé...) et animées de gradins et de décrochements, de volumes en cubes et en cylindres et pas comme un volume unique.
Les jeux vide/bâti, retraits/gabarits améliorent l’illumination de la rue et des bâtiments, créant aussi des terrasses.
Composant des UMA (Union des Artistes Modernes), les décors sont réduits à l’essentiel pour jouer simplement avec les volumes et les lumières. Les décors sont concentrés dans les vitraux et le mobilier.
Il travaille toutes les échelles ; de la rue aux plus petits éléments du mobilier publique (paroles) et privé (chaises, tables,...), bien par lui-même ou par ces collaborateurs. (Art déco, influences du Stijl et Hoffmann).

Critique:

Un architecte presque oublié et qui n'a pas eut la justice qu'il mérite. Très complet et lié a la culture du moment, il a fait de l'architecture, de la scénographie dans le cinéma et des designs d'objets variés. Son urbanisme plus attaché au site, devient plus humain. Ses jeux d’arêtes, retraits, volumes, terrasses montrent la non nécessité de décors superflus et comme revaloriser l'architecture en sui même.

Pour notre disgrâce ses superbes jeux de volumes et lumière ont été dévalorisés par des surélévations et d’autres modifications (fenêtres, portes, terrasses…). La rue est passée d’une rue ample, lumineuse et d’un mobilier exemplaire à une rue compressée pour la voiture et l’ombre.

Quand le projet est devenu protégé en 1975 il été déjà trop tard.

Les intérieurs montrent qu’il est possible de créer avec la matière, la lumière, les vides et le mobilier de créer de superbes intérieurs, tout en étant fonctionnelle.

<<L’architecture moderne peut faire autre chose qu’un bloc compact ; il peut jouer avec une succession de cubes monolithes.
La décoration rapportée n’a plus de raison d’être. Ce ne sont plus quelques moulures gravées dans une façade qui accrocheront la lumière, c’est la façade entière. L’architecte sculpte un bloc énorme : la maison. Les saillies, les décrochements rectilignes formeront de grands plans d’ombres et de lumière…
Surfaces unies, arêtes vives, courbes nettes, matières polies, angles droits, clarté, ordre.
C’est la maison logique et géométrique de demain>>
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Robert Mallet-Stevens / La villa Noailles / Ed. Parenthèses / Aut. Cécile Briolle, Agnès Fuzibet, Gérard Monnier