>Paris, l'évolution d'une ville -transformation par Haussmann (page3)

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Descriptions et impressions des étudiants

 
Delphine DEMOL - Salma ALAOUI AMINI - Vicente IBANEZ - Joaquim PARRA GARRIDO


Les années 50-80

La portée de l’œuvre d’Haussmann
L’œuvre novatrice de Haussmann a inspiré la transformation du réseau urbain français et exercé une influence considérable non seulement en Europe (Vienne, Berlin, Rome, Anvers...), mais aux Etats-Unis où elle est l’origine du remodelage de Chicago (1919) par Daniel Burnham. Selon Le Corbusier, Haussmann est le premier urbaniste moderne.

Les CIAM

Les années 50/60 sont marquées par les CIAM qui œuvrent avec une technique, des règles pour ordonner les villes, c’est une façon très fonctionnelle de travailler à un tel point qu’ils divisent les activités humaines en quatre fonctions : travailler, habiter, s’amuser et se déplacer. C’est une pensée très rigide qui s’est enfermée sur les fonctions, alors que la ville progresse et a un large panel d’activités. De ce fait, il y a une opposition entre ce qu’est la ville (la diversité d’activités) et leurs pensées qui clôturent, classifient toute la vie. Lorsque les CIAM créent, ils pensent en totalité, ce qui signifie que leur travail est accompli et autonome, ce qui crée un ensemble fermé sur lui-même qui ne peut subir de développement, de suite ou bien participer à un autre ensemble. C’est un procédé calculé qui n’a aucune pensée pour l’homme alors que c’est lui le futur de la ville. Cette période est marquée par la tentative de rationaliser les principes du mouvement moderne (soleil, espace, verdure), où les édifices autonomes flottent dans un ensemble spatial percé par des voies de circulation détachées. Il s'agit surtout de travail en cœur d'îlot, il n'y a pas de façade et la rue n'est que fonctionnelle, elle n'a pas de qualité pour l'habitant. Pour les CIAM, la ville est malade donc il faut détruire le passée, le patrimoine pour guérir et construire la ville nouvelle (exemple: le plan voisin de Le Corbusier pour le centre de Paris)

Aujourd'hui "l'âge III" de Christian de Portzamparc.

Une stratégie de lisibilité

Ce qui rend le travail de Haussmann intéressant pour notre époque, on l'aura bien compris, n'est ni la typologie d'immeuble en pierre de taille qui porte son nom, ni l'intervention massive dans les centres historiques denses comme les quartiers des Écoles, de la Cité ou des Halles, intervention que notre attachement au patrimoine nous interdit. L'actualité d'Haussmann, c'est sa définition d'un objectif de lisibilité à l'échelle de la ville, et la création correspondante d'un système de formation du paysage de la cité en vue de servir cet objectif — du mobilier urbain aux gabarits de rues et aux règlements d'urbanisme. Cette idée d'objectif de lisibilité et de tracée régulateur est toujours d'actualité, comme on peut le constater avec le travail de la Zac Paris rive gauche. La continuité avec Hausmann se situe beaucoup plus dans la méthode qui consiste à partir des éléments de la structure urbaine tels qu’ils existent pour les réinterpréter, les systématiser, les mettre en cohérence de façon à permettre le redéveloppement de la ville sur elle-même.

L’idée que le projet doit englober l’ensemble du territoire urbain pour l’enrichir n’a pas pris une ride. Cela ne veut pas dire que l’on doive revenir à des percées haussmanniennes mais qu’une voie principale, avenue ou boulevard, trouve un sens si elle met en relation deux points fondamentaux du territoire faute de quoi elle n’aura d’avenue ou de boulevard que le nom. La nouvelle avenue de la ZAC Seine Rive Gauche joignant le boulevard extérieur à la gare d’Austerlitz paraît répondre à cette définition. En se superposant au réseau ferroviaire, elle parvient à organiser et à relier deux parties de la ville jusqu’alors fort lointaines un peu à la manière du boulevard Richard Lenoir qui en 1860 relia le centre de la ville et les faubourgs, jusque là séparés par le canal Saint-Martin.