Descriptions
et impressions des étudiants
Khassib
DJOUADI - Aurélia SAVERY - Arnaud WEIST - Marion DRUART
Maître
d’œuvre : Architectures Jean Nouvel
Maître d’ouvrage : ministère de
la Culture et de la Communication et le ministère de l'Education
nationale, de la Recherche et de la Technologie.
Le Site : Paris rive gauche au pied de la tour Eiffel
Surface : 2,5 hectares
Programme :
7 000 m2 d’exposition permanente
dont 2 500 m2 de présentations thématiques
2 000 m2 d’expositions temporaires
7 000 m2 d’exposition permanente
dont 2 500 m2 de présentations thématiques
2 000 m2 d’expositions temporaires
Une Médiathèque et un Auditorium.
Le jardin 18 000 m2.
Quelques dates clés :
1/1998
: Juillet
Le Président de la République, en accord avec le gouvernement
de M. Lionel Jospin, choisit un terrain de l'Etat situé 29/55,
quai Branly à Paris (VIIe), pour l'implantation du futur musée.
Décembre
Création de l'établissement public du musée du
quai Branly,
2/1999 : Décembre
Le projet présenté par le groupement Architectures Jean
Nouvel, AJN-OTH Bâtiment - Ingérop est lauréat du
concours d'architecture.
3/2001 : Janvier
Délivrance du permis de construire.
4/Octobre 2004
Début des travaux sur le site du quai Branly.
5/Avril 2004
Visite du Chantier.
6/2005
Ouverture du musée du quai Branly.
1/
GENESE DU MUSEE : Pourquoi l’idée d’un tel
musée?
L’idée
d’ouvrir à Paris en 2005 un musée consacré
aux ARTS PREMIERS d’Afrique, d’Asie, d’Océanie
et des Amériques permet :
• une diversité de regards sur les objets de l’ethnologie
à l’histoire de l’art…
• de reconnaître officiellement la place qu’occupent
ces civilisations et le patrimoine de ces peuples parfois oubliés
dans la culture actuelle de la planète.
Lancé sous le haut patronage de l’Unesco, le musée
recueille l’adhésion enthousiaste de milliers de visiteurs
qui ont déjà vu un aperçu au musée Porte
Dorée. Ce nouveau musée proposera une conception profondément
novatrice à la fois en terme de dispositif scientifique et d'organisation,
et d'offre aux publics ; ce qui diffèrent des grandes institutions
internationales qui dépassent rarement l'héritage des
premiers contacts de l'Occident avec les autres cultures.
Les
enjeux d’un tel musée, il s'agit :
• de répondre à la diversité des publics,
• de créer une synergie d'activités,
• de développer une pratique nouvelle des relations internationales,
• de rendre accessibles des collections exceptionnelles,
• de proposer un centre de ressources, de recherche et de formation,
• de disposer d'un lieu d'expression des cultures vivantes,
• d'inscrire la mobilité,
• d'organiser un dispositif technique et administratif adapté.
Projets
sélectionnés :
FELICE FANUELE/ PETER EISENMAN
La Tour Eiffel fait partie intégrante du projet avec son image
en miroir, vue de l’intérieur du musée. Le sol devient
toit, les toits deviennent murs. L’horizontale et la verticale
fusionnent produisant, à l’intérieur, de longues
rampes courbes. Le système de classification qui trouvait sa
traduction spatiale dans la juxtaposition de salles spécifiques
est banni au profit d’un travail sur le flux comme mise en relation
des objets et de leur culture.
RENZO
PIANO BUILDING WORKSHOP
Le musée se repartit en trois bâtiments : celui du centre
est destiné aux expositions et aux réserves, les deux
autres sont en relations avec le contexte urbain. Le projet s’organise
comme un « Coffret muséographique » où seront
exposés les objets. Le bâtiment semble « flotter
» entre terre et ciel par sa structure légère et
par son toit filtre.
2/
DESCRIPTION DU PROJET
Projet
lauréat
ARCHITECTURES JEAN NOUVEL
« PRESENCE-ABSENCE OU LA DEMATERIALISATION SELECTIVE »
Le Musée est bâti autour d’une collection ; Jean
Nouvel travaille à récuser l’expression de nos actuelles
contingences occidentales. Les objets sacrés prennent le dessus
sur les éléments constructifs et occidentaux du musée.
Il utilise des techniques les plus pointues pour dissimuler la matière
(poteaux arbres, verres très grands et clairs…) : dématérialisation.
Le point fort du projet est mis sur le jardin en tant que bois sacré
qui dissout le musée.
Le
bâtiment et son site
Le bâtiment ressemblera à une longue passerelle au milieu
des arbres, aux couleurs chaudes, en partie habillée de bois.
Le souci d’accroche urbaine avec l’existant est montré
par la reprise du découpage des immeubles de type haussmanniens.
Le bâtiment est dissimulé par un ensemble dense de végétation,
et protégé de la circulation par une paroi de verre sérigraphié
de 12m de haut, il ne s'offrira que progressivement au visiteur devenu
découvreur.
Les
façades du bâtiment
L'architecte a travaillé pour les collections, adaptant les volumétries
aux pièces exposées.
Façade Nord: Des « boîtes » suspendues, bien
visibles de l'extérieur, permettront d'entrer plus avant dans
l'identité d'un peuple ou d'une culture en réunissant
des œuvres de même origine.
Façade Sud est ponctuée de brises-soleil en bois. L’impression
d’un bâtiment « flottant » est produite par
les pilotis, et par le glissement du jardin sous le musée.
Les
différents espaces du musée
Il est intéressant d’établir une corrélation
entre notre visite du chantier et la description de chacun des espaces
:
Espace intérieur: accueil
C’est un vaste espace ouvert très lumineux. Des parois
de verre remplaceront les vitrines : de l'intérieur, les effets
de transparence, le fond naturel constitué par les arbres, laisseront
toute liberté au regard.
Les parois obliques de verre translucide permettent un apport de lumière
naturelle.
Le musée reprend le découpage des bâtiments haussmanniens
auxquels il se raccroche. Ce qui referme les cours intérieures,
l’apport lumineux dans les logements s’en voit diminué
et la vue sur la Seine est obstruée.
Le chantier à proximité devient très contraignant
pour le voisinage : nuisances sonores, poussières, etc.
Espace intérieur: auditorium
C’est un espace très souple d’utilisation car il
peut être adapté aux scénographies les les plus
complexes et laisse la possibilité en été, de s'ouvrir
sur un théâtre de verdure.
Espace intérieur: médiathèque
C’est un espace ouvert à tout public, il existe des salles
de lecture réservées aux chercheurs.
Espace d’exposition permanente:
Il s’agit d’une grande galerie unique de 5000m2 où
la fluidité de l’espace est mise en avant : l’idée
est de mettre en valeur la continuité entre les diverses expositions,
sans limites entre les cultures.
Des parties de l’exposition sont réservées dans
les « boîtes » projetées en façade du
musée.
Espace d’exposition temporaire:
Ces espaces sont situés en mezzanine.
Lors
de notre visite du chantier, la partie administration du musée
était en second œuvre, alors que toute la partie exposition
et galerie était encore en gros œuvre.
Le
jardin
Dessiné par Gilles Clément, le jardin, qui s’étendra
sur 18 000 m2, est un écrin naturel pour les collections.
Le jardin rassemble 178 arbres et une trentaine d’espèces
végétales.
Les principales espèces sont : le chêne chevelu, le chêne
rouvre, l’érable à sucre, l’érable
argenté, la glycine, le rosier liane, la vigne géante
de Chine, la clématite sauvage, la clématite rose, la
clématite jaune, le cerisier à écorce cuivrée,
le cerisier à écorce dorée, le magnolia.
Sentiers, petites collines, chemins dallés de pierres de torrent,
bassins sont propices à la méditation et à la rêverie.
De plus l’amphithéâtre est ouvert sur le jardin et
abritera des spectacles, conférences et concerts. Ce nouveau
jardin à Paris sera le terrain de rencontre des divers publics.
Le jardin se définit ainsi :
Au nord: plantations de hautes tiges en pleine terre (chênes,
érables).
Au sud: un ensemble dense de végétation (magnolias et
cerisiers).
Grâce aux pilotis, sous le bâtiment: graminées de
sous-bois.
Le
cuvelage
Le cuvelage est entrepris pour protéger la parcelle des éventuelles
crues de la Seine située à proximité. La hauteur
du mur de cuvelage a été calculée selon la plus
grosse crue de 1910. A cela s’ajoute des talus au niveau du j
ardin qui font office de protection.
3-AVIS
CRITIQUE :
Un
projet né dans la polémique
François
Mitterrand Président de la République avait davantage
marqué Paris de grands projets monumentaux que Jacques Chirac
Maire de Paris. Devenu à son tour Président de la République,
Jacques Chirac annonce en 1997, après un rapport commandé
à Jacques Friedmann, ancien PDG d’UAP et mécène,
la création d’un nouveau musée à Paris que
l’on dit dans un premier temps consacré aux arts premiers.
L’évolution de l’appellation du musée
Ce terme “ d’arts premiers ”, très marqué
par une conception évolutionniste de l’art, remplace l’adjectif
“ primitifs ” puis est abandonné au profit d’une
appellation plus neutre : “ Musée du Quai Branly ”.
Cette évolution est assez révélatrice des vives
réactions suscitées par l’annonce de Jacques Chirac.
Les inquiétudes dans le monde culturel et scientifique.
Au
Musée de l’Homme, dont une grande partie des collections
et de la bibliothèque sera transférée dans le futur
musée, la résistance est vive. L’ethnologue Jean
Rouch, décédé depuis et célébré
pour son action scientifique, est l’une des figures de cette résistance.
Différentes visions de l’ethnologie s’affrontent
dans ce débat mais les chercheurs du Musée de l’Homme
ont également peur que le travail de recherche scientifique soit
abandonné au profit d’un principe d’exposition esthétique.
André
Langaney, directeur du laboratoire d’anthropologie du Musée
de l’Homme signe une tribune virulente dans le quotidien Libération
du 18 juin 1997, dans laquelle il taxe de “ raciste ” la
démarche du Président. L’inauguration en 2000 du
Pavillon des Sessions au Louvre, où sont exposés une centaine
de chefs d’œuvres de civilisations qui n’avaient pas
de département au Louvre, relance la polémique. Comme
plusieurs ethnologues, l’économiste François-Xavier
Verschave, spécialiste des relations entre la France et l’Afrique,
s’inquiète de ce que l’opération contribue
à faire grimper la cote de l’art primitif sur le marché
international et donc à accélérer le pillage des
pays africains.
Les enjeux du musée
Depuis
quatre ans, les responsables du Musée du quai Branly s'efforcent
de calmer les esprits. Une dizaine de publications et de manifestations
sont venues préciser les contours du futur établissement,
et rappeler notamment la place qui sera accordée au secteur de
la recherche. “Alors que la plupart des grandes institutions internationales
sont aujourd'hui confrontées à la nécessité
de dépasser l'héritage des premiers contacts de l'Occident
avec les autres cultures et de sortir du regard post-colonial, ce nouveau
musée proposera une conception profondément novatrice
à la fois en termes de dispositif scientifique et d'organisation,
et d'offre aux publics”, rassure le comité directeur. Une
équipe qui a inversé la pyramide des professions: alors
que les anciens musées nationaux – comme le Musée
de l'Homme – étaient surtout dirigés par des scientifiques,
le Musée du quai Branly réunit à sa tête
un bataillon d'administrateurs, de responsables financiers, de responsables
de production ou de chargés de communication.
En
tout cas le futur musée se veut aussi centre de recherche : un
autre chantier avance parallèlement au chantier du Musée,
il s’agit du “ Chantier des collections ”.Cette énorme
campagne de conservation préventive vise à restaurer et
protéger les collections du Musée de l’Homme et
de l’ancien Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie
avant leur installation Quai Branly mais aussi à constituer une
base de données la plus complète possible. La bibliothèque
du Musée de l’Homme sera elle aussi accueillie Quai Branly
et complétée par d’autres fonds : “ La médiathèque
du musée du quai Branly disposera d'une salle d'étude
et de recherche de 180 places comprenant un secteur libre accès
de 25 000 ouvrages et d'une salle d'actualité de 50 places. Les
magasins bénéficieront de 11 km de rayonnage permettant
un doublement des collections. ”